Waxing Gibbous est le cinquième album solo du prolifique Malcolm Middleton.
Multi-instrumentiste du duo Arab Strap, l’écossais a su, depuis la séparation du groupe, mener sa barque et s’imposer comme un songmaker de talent.
Un peu d’histoire...
Après dix ans d’existence, le duo d’Arab Strap se sépare en 2006. Aidan Moffat et Malcolm Middleton mettent fin à leur aventure musicale commune et tracent chacun leur chemin solo, voie empruntée pour Malcolm dès 2002 avec un premier effort 5:14 Fluoxytine Seagull Alcohol John Nicotine puis en 2005 avec Into the woods. Une fois la séparation du groupe effective sortira A brighter beat en 2007 et Sleight of Heart un an plus tard. Avec six albums studio au compteur du groupe, l’étiquette Arab strap reste présente et les comparaisons faciles. Pourtant puisque le bonhomme en est à son cinquième opus, le jeu des différences semble désormais obsolète.
Waxing Gibbous, se met au dessus de la pile des albums solos de l’écossais. Cinquième effort de Malcolm Middleton, ce dernier s’inscrit pleinement dans la lignée de ses prédécesseurs et montre que le songwriter a su évoluer tranquillement, affirmant un style propre, composé de ballades, d’arpèges tendus, de chœurs sucrés, de riffs accaparants... La guitare sèche toujours bien présente sert de base à chaque chanson et de clef pour entrer dans son univers.
Et ça commence sur les chapeaux de roues avec "Red Travellin’ socks" un titre pop qui entraîne tout sur son passage. Single puissance dix, ce morceau toutes guitares devant montre l’ambition du disque, peut-être plus léger que précédemment.
Se forçant à sortir d’un travers dépressif dans lequel le rouquin avait quelques facilités à tomber, ce dernier poursuit dans la veine pop-rock avec "Kiss at the Station" tout en montée, qui entame curieusement une variation à la Paul Simon version latino avant de retourner à une pop de bon aloie.
Côté ballade on trouve "Carry me" au texte déclamé, au refrain pop et à la conclusion en chœurs, le doucereux "Stop doing be good" ou encore "The ballad of fuck all" au picking enchanteur avec la voix de l’écossais et des choeurs féminins qui enlacent l’auditeur pour cinq minutes de quiétude totale.
Et toujours fin inventeur de mélodie, il assume le trompeur "Zero" qui après un début minimaliste déroule son riff définitif et le terrible "Shadows" qui imprime son gimmick profondément dans le lobe frontal. Enfin, au terme d’une dizaine de morceaux, l’album se clôt délicatement sur l’envoûtant "Made up your mind" avec la voix éraillée du bonhomme toute en sensibilité.
Tel un coureur de fond, Malcolm Middleton assure la continuité dans l’effort. Avec des thèmes allant du léger ultra light au pamphlet, un sens du gimmick affirmé et une mélancolie non dissimulée qui traîne toujours ses guenilles ici et là, il offre avec Waxing Gibbous un album multiple emprunt d’une force mélodique et d’une fausse simplicité musicale.
