La Biennale Internationale d'Art Contemporain de Venise, dont la finalité est de dresser le panorama mondial de l'art contemporain, constitue un événement international majeur qui fait de la Sérénissime le pôle de la création artistique.
La direction de la 53ème Biennale, qui se déroulera du 7 juin au 22 novembre 2009, a été confiée au suédois Daniel Birnbaum critique d’art et philosophe, qui fut recteur de la Staedelschule Frankfurt/Main and its Kunsthalle Portikus, curateur au CV éloquent. Ainsi a-t-il été le co-commissaire de la Biennale en 2003 et de l'exposition "Airs de Paris" qui s'est tenue en 2008 au Centre Pompidou, et le sera de la troisième Triennale de Yokohama et de la deuxième Triennale de Turin qui se dérouleront à l'automne 2009.
Réalisée
avec la collaboration de Jochen Volz, organisateur artistique
et d'un aéropage de correspondants dont Savita Apte,
Tom Eccles, Hu Fang et Maria Finders, il a placé cette
biennale sous la bannière "Making
worlds - Faire des mondes" pour exprimer son vœu
de cerner le processus créatif de l'artiste dont l'œuvre
représente avant tout une vision du monde.
Il précise "pour peu qu'on la considère sérieusement, elle peut être perçue comme une manière de construire des mondes".
Et d'affirmer que "la Biennale n'est pas là pour être aimée mais pour être discutée". Une affirmation prudente et certainement visionnaire. Car la Biennale 2009 s'avère décevante, souvent ennuyeuse et, en tout état de cause, dépourvue de synergie, à l'image de l'affiche grisouille.
Si
le directeur de la biennale 2007, Robert Storr, avait essuyé
bien des critiques quant au caractère allégué
nébuleux du thème retenu, "Penser avec les
sens. Sentir avec l'esprit" et au choix jugé par
trop subjectif, voire complaisant, pour les artistes exposés
à la Corderie, le thème trop large choisi par
Daniel Birbaum induit une interprétation élastique
et sa sélection opérée n'est pas toujours
convaincante.
Ainsi par exemple, et au hasard, la Slovaquie expose une plate bande horticole, le pavillon canadien diffuse des films muet documentaires sur Toronto réalisés par le Marcel Duchamp de l’expérience moderne du cinéma, Mark Lewis, la Finlande expose des vitrines d'objets relatifs au beau métier de sapeur-pompier, collection de l'artiste Jussi Kivi.
Mais
il ne faut pas être de totale mauvaise foi et ne voir
que que le côté négatif des choses même
si la doyenne des biennales d'art, matrice centenaire qui enfanta
bien des déesses et des monstres, ressemble cette année
à une vieille dame qui aurait pratiqué d'un relooking
extreme qui l'apparente à une foire artistique.
Se promener dans Venise reste une merveille et de belles surprises attendent le promeneur aussi bien sur le site principal que sur les lieux des événements collatéraux comme les toiles, entre Chagall et Léonor Fini, du peintre arménien Gayané Khachaturian décédée il y a quelques mois ou les étranges et organiques victoires de Samothrace du russe Andrei Momodkin.
