Still night, still light est le titre du troisième album des Au revoir Simone. Still the same music from the same girls pourrait être un bon sous-titre. Petits claviers rigolos, boites à rythmes et voix douces et éthérées sont en effet et sans surprise au programme de cet album.
De plus en plus planantes, les chansons ont quand même un peu de mal à nous surprendre et nous tenir en haleine. Les Au Revoir Simone naviguent toujours dans les eaux claires de Sarah Cracknell et son Saint-Etienne mais peinent un peu à trouver un titre phare qui sortirait l'album du lot de la pop actuelle par trop conventionnelle voir consensuelle.
On aime bien l'introduction de "Another likely story" mais on a l'impression qu'elle dure 3 minute 30, plutôt frustrant ce démarrage qui ne vient jamais. En fait, le titre démarre sur "Shadows" qui est déjà le suivant. Et encore c'est timide, la voix semble ne pas vouloir déranger, cachée derrière une rythmique répétitive de clavier un peu chip (mais on aime ça, ceci dit). "All or nothing" sera moins retenu mais tout aussi dépouillé avec un chant qui fera penser brièvement à Blonde Redhead.
"Knights of wands" offre un beau moment avec le toujours incroyablement simplissime mais terriblement entêtant clavier "bontempi" avec lequel se confond quasiment la voix. Un tube impassable en radio (quoi que) mais un tube quand même.
"Trace a Line" ou "Only you can make you happy" ou encore "Anywhere you looked" sont, comme la majorité de l'album, dans le même esprit et même si chaque morceau est particulièrement bien foutu, on sent un peu de lassitude, si ce n'est lorsqu'on se surprend à taper du pied sur un petit arrangement de clavier rigolo.
"Take me as I am" vient casser ce petit cocon avec un ballade douce presque a capella. Touchante dans être émouvante, plus par la beauté du geste que par celle de la chanson qui ressemble (comme les autres diront les mauvaises langues) à une comptine. La double voix de "Organised scenery" apporte un peu de fraicheur sans révolutionner le petit monde blip-blip de Au revoir Simone pour autant.
Cet album est un peu comme une boule de verre dans laquelle le groupe serait représenté en figurine, diffusant une petite musique et avec de la neige qui tombe tout doucement à l'intérieur que l'on contemplerait dans la pénombre. Still night, still light est un album intimiste et d'un certain charme et aura au moins le mérite de nous faire ressortir nos disques de Saint-Etienne, Lush et autres Bang bang machine en plus de nous apporter une certaine mélancolie quasi Romantique pas désagréable, surtout bercée par les douces voix des filles.
Vivement l'automne et les premiers feux de cheminées, si on y pense, on ressortira l'album pour l'occasion.
