Ma tante Ursule dit toujours : "la musique c'est comme la cuisine, on ne peut pas tout aimer. Mais tant que c'est cuisiné avec amour, faut savoir dire merci". Okay, tatie, mais là je ne comprends pas, tout simplement. Tricot Machine ? Un nom de groupe / titre de disque en forme de private-joke un peu gratuit – mais pourquoi faudrait-il que ça ne le soit pas, après tout ? Passons, donc.
C'est sûr, ça sent la cuisine familiale, là-dedans : disque patiemment mitonné, comme à la maison, par Matthieu Beaumont et Catherine Leduc, duo à la scène et couple à la ville, avec même la complicité de Daniel, le grand frère de Matthieu. Selon la recette de grand-mère, peut-être ? Un petit peu, justement.
Mais je ne comprends pas qui peut écouter ça, quand et où, dans quel état d'esprit, en y cherchant quoi, quelles émotions peuvent en naître. C'est tout gentil, tout propret, ça sent bon la modération et la tendresse, sinon la mièvrerie. Une douzaine de balladounettes mignonettes et légèrounettes, relevées d'un brin d'accent québecquois. Qu'on en juge (sans l'accent) : "j'ai sauvé la peau d'un p'tit ours / puis son coeur, je l'ai pas volé / j'ai tué le chasseur avant qu'il shoote / et l'ours m'a consolé". Un truc qui ferait passer les Cowboys Fringants pour une bande de satanistes sociopathes.
Rien de méchant, c'est certain, rien de prétentieux, rien à quoi on puisse rien reprocher, finalement. En toute modestie, une petite soupe pour se réchauffer en fin d'après-midi. Tu vois Ursule, ça m'ennuie, profondément, mais je n'ai rien de méchant à en dire. Sincèrement, sans animosité aucune, on souhaite beaucoup de bonheur à l'album – ce bonheur tout simple de rencontrer son public. Un public qui s'y entendrait au moins un peu. Mais que l'on m'excuse de ne pas tout à fait finir mon assiette. Et merci de s'être donné autant de mal.
