Le lecteur-trice ne saura jamais comment trois jeunes et jolies filles adeptes des compléments alimentaires furent réduites pendant une nuit en cadavres de centenaires. Sur ce fil ténu du suspense, l’auteur nous entraîne dans le dédale de la théorie darwinienne, la sélection naturelle, les découvertes des biologistes du grand-père LUCA, première cellule vivante avec ADN née il y a 4 milliards d’années et ses multiples séparations, transformations, adaptations au milieu environnant hostile ou généreux…
L’intrigue relève pour ma part plus de la science-fiction que d’un roman de vulgarisation des recherches actuelles sur la biotechnique et des bagarres passionnées entre les protagonistes du débat : les anti-OGM, écolos contre l’exploitation du vivant à tout va… et les pro-scientistes valorisant les manipulations génétiques au nom du mieux-être de l’humanité et des rentrées d’argent frais. Marc, le héros journaliste de cette histoire abracadabrantesque truffée de références scientifiques et mythologiques, nous invite à comprendre les mystères du corps vivant, agglomérat de cellules composées de gènes, de "mèmes" – voir la définition et le fonctionnement dans le texte.
La démonstration magistrale par Leïla Haddad tout au long du livre intéressera les profanes curieux à condition de faire un choix, c’est-à-dire prendre le temps de suivre les explications farcies de mots barbares du professeur ou sauter les pages comme un cancre pour connaître le fin mot de l’aventure rocambolesque. J’ai opté pour la solution facile, je le regrette parce que je me prive d’une connaissance certaine sur ce que les biologistes découvrent, fabriquent et nous concoctent comme des partenaires dits "animats", traduisez Vivants-Machines autonomes.
Ce roman m’aide-t-il à mieux saisir les enjeux de la génétique dans l’avenir et à quelles fins ? M’oblige-t-il à réfléchir sur les grands thèmes de la vie, de la mort, de la vieillesse comme le cite la quatrième de couverture ? Je ne crois pas que l’objectif de l’auteur soit de nous interpeller sur la question. Je sens trop sa fascination sur les merveilles de la génétique observées dans des laboratoires ha-doc. Ses démêlés de romancière avec des personnages caricaturaux – Mona prêtresse d’Isis/déesse de la nature et la milliardaire Elizabeth Arboty hystérique de l’immortalité – m’ont embrouillé le cerveau. A vous de juger !
