Deuxième journée du Festival Paroles et Musiques, pleine de surprises et de bonnes notes. Petit résumé des concerts par Seb et Cyril.

Jeudi 28 mai

 
Premier concert de la journée, tout en douceur et en simplicité, Le « Magic Mirror » ouvre ses portes sur le ton de la poésie et du slam. C'est un concert en comité réduit qui nous est proposé par Luciole, petit bout de femme d'origine bretonne de 22 ans à peine, mêlant textes « slamés » avec talent et chansons douces. Malgré le faible auditoire (horaire de programmation pas forcément très accessible au grand public), la jeune femme se donne entièrement à son public. C'est beau, propre, rafraîchissant, touchant et envoûtant à la fois, rigolo parfois : Luciole nous fais cadeau d'une version très personnelle des feuilles mortes de Jacques Prévert. Tout au long de sa prestation, elle n'hésite pas à jouer de son espièglerie pour nous faire partager et aimer sa passion du verbe. Fidèle à son premier album « Ombres », la douceur et les envolées lyriques sont bien là ! tout en nuance !  et pour notre bonheur ! Promesses tenues par cette artiste dont on a pas fini d'entendre parler dans le milieu de la nouvelle scène française, assurément !
Seb

 


A 18h30, Un drôle de bonhomme prend place sur la scène de « l'Ephémère ». Merlot et son style Reggae Punk Hip Hop Folk Bluesly... etc... comme il s'aime à dire, aborde en chanson les thèmes du quotidien, toujours entre ironie et sincérité. Beaucoup d'improvisation et de jeux avec le public (totalement conquis). Merlot déroule son set dans la joie, la bonne humeur, et nous le fait partager de très belle manière. Parfois seul avec sa guitare, parfois accompagné de ses 2 compères à la guitare ou au ukulélé, l'Ivryen, visiblement très à son aise,  amuse le public, fait participer les enfants dans ses intermèdes, devenant parfois de véritables sketchs (séquence drague dans l'assistance, hilarante et mythique, ). Très bonne surprise que de découvrir cette artiste. A voir sur scène, absolument!
Seb

Le « Magic Mirrors» accueille pour les concerts du soir Florian Mona et la chanteuse Clarika. Dans un pur style Pop française,  Florian Mona assure la première partie, exercice pas facile quand on sait que la majorité de l'auditoire est venu principalement pour Clarika. Qu'à cela ne tienne, l'artiste, d'origine Rennaise, distyle ses textes, pour la plupart inspirés de sa vie et ses expériences, avec une justesse et une sensibilité déconcertante, jouant avec les mots et les émotions sur des thèmes nous rappelant avec bonheur nos souvenirs d'enfance. Accompagné sur scène par Nicolas Guerin à la basse, Vincent David à la guitare / MS20 et par Gilles Morillon à la batterie, Florian Mona réussi le pari de faire voyager le public dans son univers très Pop, imprégné de son passé rock même grâce à des mélodies simples,  toujours accrocheuses dès les premières notes mais manquant hélas de réelle originalité.
 
Arrive Clarika pour la deuxième partie de soirée. Telle une fée avec son diadème et sa baguette magique, la chanteuse envoûte dès les premières notes. Drôle, insolente, Clarika fait les présentations et annonce la couleur ! « Maintenant je suis une icône, je vais donc me la péter! » annonce-t-elle au public sur le ton de l'humour. Forte de son expérience scénique qui n'est plus à démontrer : Clarika sur scène, c'est festif, pétillant et fantasque. La belle, irrésistible, met littéralement le feu dans la salle, abordant toujours avec audace les thématiques qui lui son chères, prise de position sur « Bien mérité », irrévérence toujours sage et juste. Même si la désinvolture et l'humour noir sont les maîtres mots de la soirée. L'artiste n'en n'oublie pas d'être poignante, mêlant textes incisifs toujours poétiques et envolées mélodiques tendres. Mandoline, batterie, clarinette, piano et banjo, les mots et les instruments s'entremêlent de fort belles manières pour le bonheur de nos oreilles.  Clarika à réussi à imposer son style dans le paysage musicale français, souvent très fade, et on retrouve avec grand plaisir le caractère si particulier de ses album sur scène... avec bonheur !
Seb

 


23h «L'Ephémère» Attention, soirée Freak en vue ! Grosse surprise pour cette fin de soirée ! Imaginez un mix entre une troupe cabaret des années 30, du cirque Barnum et d'un spectacle de créatures itinérant, le tout dans univers digne des meilleurs décors de Maitre Carot et vous obtenez Maxi Monster Music Show. Un concert bien sur, mais surtout un spectacle ! Les musiciens, mélomanes et multi instrumentistes de surcroît, sont aussi de véritables acteurs. C'est beau, drôle, très drôle même. On se prend immédiatement au jeux et on se laisse entraîner dans cet univers alambiqué et décalé. Le temps d'un concert, le public redevient l'enfant de 6 ans qui sommeil en nous et  qui redécouvre, les yeux pétillants, les spectacles des cirques de rue. Durant le spectacle, tout le monde y va de son show avec une mise en scène visiblement ultra rodée, de la danseuse mécanique psycho-rigide  au fakir mystique dopé à la culture Texane, sans oublier la femme tronc ultra-craintive et l'homme fort mais très maladroit. La musique, attaquant aussi bien les registres du blues que du cabaret gothique aux ambiances Victoriennes, garde toujours une part, une touche mélancolique du plus bel effet. Excellente surprise que cette revue insolite, à voir et à revoir sans aucune modération !
Seb

 


Tryo
était très attendu ce soir au Zénith de Saint-Étienne, leur cote de popularité n’ayant fait que grimper, avec leur dernier album et de nombreux passages radio, auprès d’un public plus divers et plus nombreux.
Mais si Tryo était attendu dans la fosse par des fidèles impatients, le groupe était aussi attendu au virage par les aficionados de la première heure et les festivaliers assidus, inquiets de la lumière médiatique posée sur le groupe depuis quelques années.
Ce procès fait aux artistes qui sortent de l’ombre est un phénomène bien connu et bien naturel, car dans le même temps ils semblent sortir de l’intimité de leurs premiers fans, « trahissant » les liens si forts tissés dans les petites salles des débuts, en s’exposant impudiques au plus grand nombre !
Mais peu importe ces critiques mal fondées, avec plus de 10 ans de tournée, Mali, Daniélito, Manu et Guizmo tracent leur route. Et si la route s’est un peu élargie, soyons rassurés, elle reste sauvage et authentique. Leur route multiplie les chemins de traverse pour inviter aux voyages et les carrefours pour inciter aux rencontres.
Tryo avance mais n’oublie pas de tourner la tête pour mesurer le chemin parcouru, offrant en ouverture de concert, sur une petite scène en milieu de fosse, quelques vieux souvenirs des premiers albums. Une invitation à les suivre…
Puis le grand rideau tombe dévoilant la grande scène. Que le voyage commence !
Tryo reste Tryo, avec 10 ans d’expériences, de rencontres et de voyage mis à profit. Différents rythmes du monde viennent sublimer leur musique, un percussionniste argentin appuie avec brio ces nouvelles nuances, et un violoncelliste en souligne la puissance.
Tryo nous guide avec un plaisir palpable et authentique.
Mais ne nous y trompons pas leur route est bien réelle et est aussi la notre. On y croise des  Touaregs résistants, des militants de Greenpeace, des invitations aux combats…
Bien avant le milieu du concert, le doute s’est définitivement envolé, le plaisir et l’admiration sont là. Saluons cette performance et ce groupe qui évolue et qui dure.
Tryo confirme sa place de grand groupe de la scène française et sa fidélité au Festival Paroles et Musiques, qui lui aussi confirme sa capacité, à travers une telle soirée, à compter parmi les grands festivals de l’hexagone.
Cyril

Demain, au programme : Chat, Bense, Djazia Satour, Oxmo Puccino, M.A.P, Charlotte Marin, Saule, Bénabar et Jill is lucky.