Vendredi 29 Mai, Paroles et musiques a pris sa vitesse de croisière et chaque escales ne sont que découverte, charme et grosses surprises.

Résumé d’une journée richissime par Nathalie, Lauriane, Cyril et Sebastien !

Chat est un petit bout de femme, Chat est fluette, Chat est un brin fragile. Mais Chat est une grande dame ! Sur scène, ils sont trois : piano, guitare, batterie. Et sur scène, le rythme s’envole pour nous plonger dans un univers plein de poésie et de belles images.

Chat nous raconte des histoires, des histoires de la vie, avec ses doutes et ses envies, avec ses désirs et ses rêves.

L’ambiance est baroque, oscille entre des envolées lyriques où le piano parle plus fort que les mots et des ballades légères. Les morceaux s’enchaînent, prennent de la hauteur, ambiance aérienne mais teintée de gravité au regard des sujets qui préoccupent Chat : solitude, introspection, philosophie… Un univers en soi…

Petite surprise, digne des festivals, Luciole, présente la veille, s’invite le temps d’une chanson, duo plein d’émotion où deux voix se mêlent et se font échos dans la salle du Magic Mirror’s. Chat fini par un petit morceau en acoustique, au milieu du public, la guitare rythme sa petite voix, lointaine… Je m’évade et suis dans un autre temps… Parce que Chat est pourvoyeuse de doux rêves…
Nat

Malgré la chaleur qui régnait en fin d'après-midi dans le Magic Mirrors, Bensé a réalisé une performance honorable. Commençant son concert par des notes douces, il évolue de plus en plus vers un son plus rock, mais aussi plus énergique. 

L'artiste affirme en effet la multiplicité de ses influences en jouant avec des instruments et des styles très différents. De ce fait, des riffs d'harmonica accompagnent parfois une musique plutôt folk, d'autre fois les riffs de guitare sont proéminents et nous mettent dans une ambiance rock, mais en tout cas l'originalité est toujours de mise.

Mais ce sont ses paroles qui en font vraiment un artiste à part. L'interprète nous parle de sujets importants comme la mort, l'amour, n'en oubliant pas pour autant de donner sa vision personnelle des choses. Il relie ses chansons par un fil assez intéressant: le parcours amoureux d'un jeune homme de 20 à 30 ans via ses rencontres. Cela donne lieu à de très belles chansons, comme "Angela" ou "Mon Frère".

Par son humour et son flegme, Bensé a su conquérir les spectateurs, qui n'hésitent pas à battre des mains en rythme durant les chansons. Le pari est donc réussi pour un homme qui recherche avant tout la sincérité du live.

De mon côté, je repars à l'assaut du reste des concerts de la journée, la note d'espoir de la chanson  "Au grand jamais" inscrite dans mon coeur.

Et pour cause: un concert très énergique m'attend. Les très attendus Oxmo Puccino et M.A.P jouent au Fil ce soir, précédés par l'artiste Djazia Satour.

C'est Oxmo Puccino qui lance les festivités, avec un rap très marqué. Car le groupe a ceci comme particularité: dire les choses franchement selon son point de vue, sous des métaphores et des comparaisons qui se veulent d'autant plus choquantes. On peut dire que les artistes, avant d'être des fervents représentants du rap, sont des poètes.

Durant le concert, l'accent est porté sur leur nouvel album, L'Arme de Paix, sorti le 23 Mars 2009. Tous les spectateurs pourront donc avoir retenu des titres comme "365" qui montre la fugacité du temps qui passe, par le biais de l'amitié et la trahison, sujets de prédilection d'Oxmo Puccino. Néanmoins, leur musicalité rap, qui, il faut bien l'avouer, rend parfois leurs chansons encore plus touchantes, est la plupart du temps assez conventionnelle et sans grande originalité. Ces paroles qui font leur singularité sont souvent particulièrement inaudibles, ce qui fait perdre au groupe de sa poésie et le rend rapidement lassant.

Une petite déception pour les fans de la première heure, qui sera heureusement bientôt effacée par l'arrivée en fanfare de M.A.P sur des chansons très appréciées du public comme « Balle Populaire ». Le groupe prône immédiatement ses valeurs, par des panneaux bien en vue sur la scène: "Résistance", "Révolution" , "Espoir","Free Palestine" , " Salam".

Les membres de M.A.P sont indéniablement reconnus comme des résistants très engagés, actifs sur de nombreux fronts: lutte contre la guerre en Palestine, les OGM, le racisme, le capitalisme... ils appellent d'ailleurs à maintes reprises le public à la résistance. Leurs paroles s'en ressentent, abordant des sujets primordiaux comme l'espoir, la lutte contre l'injustice et le pouvoir.

Leur nouvel album, Les bronzés font du ch'ti, sorti le 14 Avril 2009 est d'ailleurs encore plus révolutionnaire que le précédent. Mais ce qui fait de M.A.P un groupe aussi apprécié est ce savant mélange entre la dureté du leur rap et la festivité de leur rythme, mené par un accordéon, un violon, et de grosses machines.

Le public ne peut alors pas s'empêcher d'être entraîné par cette musique vivante, et danse, bouge, crie au gré des paroles, d'autant plus que les artistes ont le contact facile.

L'ambiance est excellente, et devient réellement folle quand le chanteur saute dans la foule. M.A.P a lors de ce concert confirmé son statut de bon groupe de rap français, et les spectateurs ne pourront en garder qu'un très bon souvenir...
Lauriane

 

           

 

Bénabar, la grosse machine ! Bénabar est un grand pro. Bénabar est une bête de scène. Pour l’occasion le Zénith de Saint-Étienne était plein à craquer. La scène l’était tout autant avec neuf musiciens parmi les meilleurs, un Bénabar en grande forme et un show aux rouages parfaitement huilés.

Le spectacle est d’une grande qualité, la mise en scène fonctionne, et comme toujours avec Bénabar, tout est parfaitement réfléchi et calé : l’humour, l’autodérision, les réactions du public - public acquis à la cause du maître de cérémonie.
Et pourtant…

Tout est tellement parfait, les arrangements tellement poussés que plus aucune place ne reste à la spontanéité. La soirée n’est pas une rencontre avec Bénabar et son univers mais un monologue, impressionnant certes, mais forcément à sens unique.

Il est très difficile d’entrer dans les chansons tant la surenchère de la performance prend le dessus. Les nouvelles chansons ne créent pas la surprise et les vieilles copines des premiers albums ont bien changé, sont plus pompeuses, moins vivantes.
Le spectaculaire prend le pas sur l’émotion et la narration qui étaient les atouts du Bénabar qui captivait les foules. Sous le rouleau compresseur du spectacle à tout prix, les textes ne sont plus écoutés et semblent vidés de leur substance.

Mais il est vrai qu’un sentiment qui veut être partagé par le plus grand nombre perd au passage un peu de sa profondeur…

Pour autant, le public dans sa grande majorité a été réceptif au jeu de scène et a retrouvé avec plaisir les chansons connues par cœur. Saluons la performance de Bénabar qui parvient à amener dans son sillage quelques milliers de personnes brouillées avec le spectacle vivant et qui retrouvent, ou découvrent, grâce à lui le chemin des salles de concert, pour un soir au moins... Bénabar a toujours expliqué à qui voulait l’entendre que son souhait était simplement d’être un grand chanteur populaire qui parviendrait à offrir des moments de plaisirs au plus grand nombre. Mission réussie! Bénabar est un grand pro. Bénabar est une bête de scène. Bénabar est un chanteur populaire.
Cyril

Attention tuerie ! Énorme coup de cœur pour clôturer cette 3ème journée de Paroles & Musiques ! Jil is Lucky entame, dans son style bien à lui et immédiatement reconnaissable, un set mélangeant aussi bien musique folk, musiques du monde et pop Anglo-saxonne. Le chant, exclusivement anglais, flirte avec douceur et cohérence avec les lignes de violoncelle et les chœurs discrets mais efficaces.

Souvent comparées à Herman Dune, les mélodies de Jil, plus accessibles, transportent la salle dans un état second. C'est la première fois que je vois l'intégralité du public debout, en train de danser et de chanter sur la totalité du concert dans cette salle qu'est le Magic Mirrors. Il faut dire que l'artiste s'en donne vraiment à cœur joie !

Quelques ballades, seul à la guitare, accompagné du public pour les refrains, sans oublier des titres beaucoup plus musclés, aux accords et rythmiques venant tout droit de l'Est. L'artiste, très à son aise sur scène, est d'une efficacité redoutable à faire pâlir le reste de la programmation du festival. Jill is Luky, d'une singularité étonnante, est à découvrir d'urgence sur scène !
Seb

Et pour samedi, un beau programme en perspective pour les froggy’s : Ben Mazue, Revolver, Manu, Flow, La chanson du dimanche, Babylon Circus, Emir Kusturica & the no smoking orchestra, Sammy Decoster, Hugh Coltman, Alister et Jerri !