Blue seeds est-il le nouveau groupe de trip hop qui à l'instar de Portishead va bercer de ses ballades mélancoliques les nombreux voyageurs des transport en commun? Parce que comme nous le confie Amélie Laflamme, Blue seeds est une atmosphère de vague à l'âme et de blues.
Entre Satie et Calexico, les nappes de lumières se heurtent aux codes métalliques qui comme les câbles télégraphiques, résonnent dûrement dans le soir et les journées de pluie. Le groupe canadien qui sort ici son premier album, présente ses compositions enfin en France.
François Dufault écrit la totalité des morceaux. A une exception près, le titre "My fair weather friend" qui vient de façon plutôt moche troubler la belle harmonie d'ensemble. Un moment d'égarement vers la pop, qui aurait dû être évité à mon sens. Cela mis à part, c'est une cohérence qui s'aventure avec retenue dans les paysages lynchiens ("Lost Highway"), où les personnages pleins de mystère, s'intègrent plastiquement.
Ainsi chacun prend-il place musicalement pour évoquer ici l'idée de l'Espagne ("Barcelona"), là celle des Pays-Bas ("That night in Amsterdam"). Voyages subconscients et histoires inventées d'amours perdues. Comme si l'âme cherchait l'amour de loin disparu depuis si longtemps.
Amélie Laflamme pose une voix travaillée , parfois transformée par les effets micro comme une musique désincarnée qui parviendrait encore à travers la radio d'une voiture désertée, deux roues en l'air qui tournent encore. Etrange et intemporelle la musique des Blue Seeds captive et attendrit. Nous suivrons donc ce qu'il adviendra de ces graines bleues posées sur le bord du chemin telles les cailloux du Petit Poucet.
