Sorti il y a déjà une bonne année dans son pays d'origine, la Suède, décidément riche en artistes, Lablaza de Dieter Schöön est un curieux disque. Assemblage hétéroclite et hétérogène d'électro et de pop, le disque oscille entre mélodies tubesques et electronica déstructurée.
Gardons-nous des comparaisons avec Radiohead, autres bricoleurs électro pop bien connus, mais parlons plutôt des bidouillages "faits à la maison" de Stephen Jones (aka Babybird, aka Death of the Neighbourhood) desquels se rapprochent davantage l'aventure sonore que nous offre Dieter Schöön de sa voix séductrice et facétieuse, capable de jouer les crooners mais aussi de s'accorder quelques fantaisies comme sur "Mary Jane", pièce maitresse de l'album résumant à lui seul l'ensemble de l'oeuvre, naissante, de ce jeune musicien ou encore "Manuel" qui ouvre l'album et qui pourrait composer à lui seul trois morceaux totalement différents, alliant sonorités électro et sud américaines à la Calexico.
Les voix et la mélodie à tiroir de "Jethead" rappelle un autre bricoleur pop de génie en la personne de Kim Fahy des Mabuses. Sur "Hogface", il se fait inquiétant en mêlant une voix faussement hésitante, que l'on pourrait situer entre Nick Cave et Arab Strap, à une mélodie complètement déstructurée donnant envie de se laisser aller sans retenue tout en créant une sensation de malaise, accentuée par un break électro assez dense au milieu de ce titre finalement assez dépouillé.
De nombreuses autres surprises vous attendent sur ce Lablaza et il serait bien dommage de tout dévoiler de ces étranges constructions mélodiques. Alors si vous aviez, comme moi, raté sa première sortie l'an dernier, précipitez-vous sur cette édition toute fraîche pour découvrir Dieter Schöön et ses étonnantes compositions.
