On avait tellement aimé Nothing Ventured, Nothing Gained. De la pochette flamboyante, en passant par la voix déchirée de Chris Boulton jusqu’aux compositions bien sûr, inspirées du meilleur d’AC/DC, de Led Zep ou plus récemment de The Datsuns.
Du haut de leurs 18 ans de moyenne, les gamins de Clermont avaient sorti leurs tripes, leurs couilles et leurs cheveux, pour nous offrir ce petit bijou d’authenticité retrouvée. On avait tellement aimé Nothing Ventured, Nothing Gained, qu’on considérait les Elderberies, sans même les connaître, comme nos supers potes. Et c’est parce que cette dernière considération est toujours d’actualité que l’on va se permettre de leur parler franchement aux Elder. Parce qu’entre vrais potes, on se doit de se dire les choses.
Putain les mecs, c’est quoi ce merdier ?! Par merdier, on entend bien sûr Ignorance and Bliss, ce nouvel album. Alors quoi, AC/DC ne ferait pas le poids face aux Killers ? Led Zep serait un sous-groupe en comparaison de Fall Out Boy ? On cherche désespérément à comprendre ce virage honteusement FM. Sur ce point en tout cas, c’est réussi. La production ne pouvait pas être plus pop (le mixage ayant été réalisé à Londres par Steve Orchard qui a dans son répertoire de copains Coldplay, Travis, U2… tout est dit), Chris Boulton ne hurle plus sa rage, il chante et les grosses guitares ne font plus désormais que de timides apparitions ça et là… Tout est donc fait pour ne par heurter les oreilles de ce nouveau public FM à conquérir. Parce que c’est ce dont il est question, non ?
Est-ce les 5 garçons qui ont vu leurs goûts et leurs influences évolués ? Après tout, ils sont encore très jeunes, ce sont des choses qui arrivent. Ou est-ce un choix stratégique décidé par la maison de disque (clap clap clap les mecs) avec lequel les Elderberries ont dû composer (au sens propre comme au figuré) ? On penche pour cette dernière, à la lecture des déclarations de Chris Boulton trouvées sur le net.
Alors bon, pour continuer à parler franchement, il y a quand même quelques titres qui se laissent écouter. Mais ils sont de ceux dont on n’ose avouer le (petit) plaisir coupable ressenti à leur écoute. "Au Bikini", "Lost My Way" dont l’intro aux grosses guitares rappelle les Elderberries d’avant et les 30 secondes d’intro (là encore, pour les mêmes raisons) de "Visions", mais pas la peine d’aller plus loin.
Voilà.
On ne sait malheureusement pas si après tout ce qu’on vient de se dire on pourra rester bons amis, puisque de toute façon nos chers Elderberries ont l’air de vouloir en trouver des nouveaux. Mais on souhaiterait réellement les retrouver un jour… quand il sera temps de travailler sur le troisième album, on l’espère pour eux comme pour nous. A bon entendeur.
