Réalisé par John Woo. Chine. 2009. Action, historique. Avec Tony Leung Chiu Wai, Takeshi Kaneshiro et Zhang Fengyi.

En 208 après Jésus Christ, la Chine est divisée en trois royaumes. Le royaume du Nord, le plus puissant des trois débute une offensive afin d’unifier le territoire et de mettre sous son joug les deux autres. A sa tête se trouve le très ambitieux premier ministre Cao Cao qui envoie une armée et une flotte gigantesque afin d’écraser ses opposants. En nombre réduit, ces derniers sont voués à un échec certain. Malgré tout, ils déploieront tout leur génie militaire afin de faire basculer le destin. Il en restera des batailles mythiques qui auront marqué à tout jamais l’histoire de la Chine.

Après un passage remarqué à Hollywood (Volte / Face, Mission Impossible 2, Windtalkers, les messagers du vent), l’enfant terrible du cinéma hongkongais marque son retour avec ce film démesuré à tous les niveaux. Se basant sur un légendaire passage de l’histoire chinoise, John Woo ne fait pas les choses à moitié. Cette épopée militaire d’époque dure deux heures et demie pendant lesquelles on reste scotché à son siège.

Les amateurs de cinéma hongkongais reconnaitront Tony Cheung, l’acteur fétiche de Wong Kar-Wai (In the Mood for Love, 2046), ainsi que Takeshi Kaneshiro, la plus belle gueule du cinéma asiatique (Les Anges Déchus de Wong Kar-Wai,  plus récemment Le Secret des poignards volants de Zhang Yimou). Des acteurs connus donc, mais aussi des milliers de figurants pour constituer les armées, donnant lieu à des scènes impressionnantes. Car il semblerait que le but de Woo pour ce film est d’en mettre plein la vue du spectateur. Réalisateur de films d’action, tout son savoir-faire y passe. Les scènes de combat sont épiques, les plans diaboliques de précision, la caméra toujours dans une mouvance qui rend les conflits d’autant plus réalistes.

Mais John Woo n’occulte pas les personnages et leurs histoires. En effet, les protagonistes donnent chair à l’histoire. Etonnamment, le réalisateur ne tombe pas dans le manichéisme, souvent au rendez-vous dans ce genre de film. Cao Cao, le premier ministre semble imbu de sa personne et avide de pouvoir mais aime secrètement la femme d’un autre, les maîtres de guerre capables d’expliciter leurs tactiques dignes d’un Sun Tsu au meilleur de son génie, se montrent aussi dans des postures poétiques (scènes d’entrainement à l’épée magnifiquement chorégraphiées, mise en place de tactiques suite à la contemplation des nuages un soir). A noter que les magnifiques décors sont signés Tim Yip qui avait obtenu un oscar pour Tigre et Dragon.

Les Trois Royaumes, film Chinois le plus cher de l’histoire (quatre vingt millions de dollars !) vaut le détour. Action trépidante, suspense, enjeux personnels vous saisissent dès les premières minutes du film. Les deux heures et demie (vous échappez au double pour la version asiatique) passent trop vite. Un grand souffle épique et baroque à ne pas louper !