La Galerie Daniel Templon présente "Beneath the roses" la dernière série d'œuvres de Gregory Crewdson, photographe américain très connu aux Etats Unis et éminent représentant de la "staged photography".
La "staged photography" constitue l'avatar contemporain de la photographie de mise en scène pratiquée dès les débuts de la photographie d'art qui elle-même transposait avec ce nouveau média les tableaux vivants des temps passés.
Gregory Crawdson explore le sillon, creusé notamment par Jeff Wall, qui consiste à démultiplier l'illusionnisme propre à la représentation qu'elle soit picturale, cinétique ou photographique.
L'autofiction du regardant
Il photographie des scènes, d'intérieur ou d'extérieur, qui ont toutes les apparences fondamentales du réel et du plausible mais qui sont prises dans des décors fictifs, artificiellement élaborés avec une méticulosité maniaque, dont le traitement photographique, notamment par le filtre bleu et le grain très lisse, particulièrement troublant pour le corps des personnages qui en perdent toute corporéité réelle, qui évoque une image de jeu vidéo, leur confère une impression d'inquiétante étrangeté.
A
l'instar des images cinétiques arrêtées,
il livre un fragment narratif qui se prête aux projections
névrotiques du regardant d'autant qu'il multiplie les
points de vue possibles en particulier par le jeu des reflets
dans le miroir.
Impossible de ne pas évoquer Edward Hopper ou David Lynch avec ces tableaux photographiques qui ressassent un malaise suintant dans des univers usés et banaux, sombres témoins de drames en gestation.
Enfant, fils de psychanalyste, Gregory Crawdson jouait les voyeurs. Ceci explique cela. La fiction ne dépasse jamais la réalité.
