François Rousseau, photographe de mode et de publicité, mène en parallèle depuis plusieurs années des travaux personnels de longue haleine dont il vient de clore le dernier opus suscité par le roman "L'Atelier du peintre" de Patrick Grainville.

Ses tableaux photographiques de grand format, réunis sous le titre "Atelier", font l'objet d'une exposition en deux lieux. D'une part, la Maison Européenne de la Photographie lui ouvre les portes de sa grande salle particulièrement propice à l'accrochage pleins feux de ses triptyques.

Le deuxième volet de la monstration se tient à la Galerie Pierre-Alain Challier dans une scénographie plus intimiste qui joue sur les lumières et les jeux de reflets avec une judicieuse mise en résonance avec les miroirs dominos de Hubert Le Gall.

Elle présente également plusieurs facettes de son travail de composition photographique où se retrouvent les récurrences de l'esthétique du corps, en l'occurrence du modèle dans sa nudité, même si, en l'occurrence, il ne s'agit pas de modèles professionnels et sa fascination pour les maîtres anciens.

Ainsi trouve-t-on la déclinaison contemporaine sur papier glacé du tableau "Les époux Pandolfini" de Van Eyck dans une version chronologiquement antérieure à celle présentée à la Maison Européenne de la Photographie, le ventre de la jeune femme étant encore plat, et des panneaux dans lesquels le traitement de la lumière s'inspire de celui de Georges de La Tour ("Horace 18").

Tableaux photographiques donc mais également photographie pure.

Ainsi explore-t-il le travail sur les jeux d'ombres, de reflets et de distorsion à Kerterz, tel ce triptyque de la piscine ("Horace 4, Reflexions").

De même avec les ombres-apparitions des corps ("Impression n°4"), travail de recherche plus introspectif sur "la révélation" un des fondamentaux de la photographie.