Après l'heure des bilans de fin d'année, la palme récompensant l'événement culturel de ce début 2004 reviendrait sans aucun doute à "Lost In Translation" , présent tant sur les murs du métro, que sur les écrans de cinéma ou dans les bacs des disquaires.

En effet, de Sophia Coppola, outre son prestigieux patronyme, reste cette formidable réussite datant de 2000, "The Virgin Suicides", malsain, glauquissime à souhait, rythmé par l'implacable musique de Air en parfaite adéquation avec les images, éclipsant quasiment les autres artistes présents sur la BO (Al Green, 10CC, Todd Rundgren ...).

Là où la musique restait indissociable du film en participant pleinement à son succès, "Lost In Translation" déçoit sur la longueur, manque quelque peu sa cible, malgré quelques épisodiques réussites. Après un premier test passablement validé, place ici au principal, à savoir la bande originale du film pour lequel Air devait dévoiler un inédit de leur "Talkie Walkie" à paraître prochainement et Kevin Shields revenir aux affaires.

Retour gagnant pour le premier groupe cité avec "Alone In Kyoto" expédié à la réalisatrice à peine mixé, subtil, délicat, en plein dans le mille et laissant augurer un troisième effort studio proche de l'excellence. Bilan plus nuancé pour l'ancien leader de My Bloody Valentine. A part les sympathiques "City Girl" et "Ikebana", les titres ici proposés s'avèrent à mille lieues de la glorieuse époque des shoegazeurs matérialisée par le chef d'oeuvre absolu de son groupe, "Loveless" ... dommage ...

Pour le reste, la bonne surprise vient du groupe japonais Happy End avec "Kaze Wo Atsumete" , irrésistible balade iconoclaste et de la toujours appréciable présence de Death In Vegas ("Girls"), Jesus And Mary Chain ("Just Like Honey") ou encore My Bloody Valentine ("Sometimes") faisant du même coup ressortir les faiblesses de Kevin Shields solo.

Au bilan des courses, même si bien construit et dénué de véritables faiblesses (si ce n'est la présence de nos infâmes Phoenix nationaux avec le toujours pénible "Too Young") ce disque extrait de "Lost In Translation" laisse finalement un peu l'auditeur sur sa faim (surtout en comparaison de son prédécesseur).

A voir donc uniquement en salles.