Livre a priori culte en Suède depuis sa publication en 1980 et déjà traduit dans plus de vingt langues, Gentlemen paraît ce mois de février en France, soit... 29 ans plus tard. Superbe temps de réaction.
Difficilement classable, ce premier roman du Suédois Klás Östergren joue sur plusieurs niveaux, plusieurs registres, et ne lésine pas sur les faux-semblants ; traitant à la fois d’amitiés(s), de liens fraternels, de la Suède des années 1960/1970, ainsi que de chasse au trésor, d’intrigues et de machinations historico-politico-économiques, Gentlemen déroute.
Seulement, s’il ravira et excitera un certain nombre de lecteurs, il frustrera et ennuiera probablement les autres. Certes, c’est un peu vague, je vous l’accorde. Pour le dire autrement, on est souvent déçu lorsqu’on lit un roman vendu par l’éditeur comme étant génialissime...et en l’occurrence, pour ce qui est de Gentlemen, l’histoire peut sembler vraiment – trop – longue à se mettre en route ; par ailleurs, malgré un style enlevé, l’auteur donne souvent l’impression d’hésiter entre plusieurs ambiances, plusieurs styles, ce qui tend à rendre le tout hésitant, sinon brouillon ; quant à la fin, elle peut paraître hâtive, bâclée, et surtout trop facile. Si les premières pages du livre donnent envie, la curiosité que l’on ressent à l’égard de cet étonnant premier roman peut rapidement s’essouffler. Oui, Gentlemen est ambitieux, oui Gentlemen renferme de nombreux passages intéressants et vraiment bien fichus, et oui, c’est sûr, ce roman plaira à de nombreux lecteurs. Mais de là à en faire un chef-d’oeuvre et un livre culte...
