Le premier rendez-vous de ce second soir est fixé à la Bibliothèque municipale de Belfort avec le strasbourgeois Lauter dont les armes auditives ne sont pas sans rappeler celles de Sam Amidon la veille, puisque le soliste se produit avec guitare, banjo et harmonica.
Un concert dans une bibliothèque, c’est aussi ça la magie de GéNéRiQ.
Oui mais là où nous attendions des montagnes de vieux bouquins et l’odeur du papier corné, nous sommes accueillis dans une salle qui ressemble plus à une salle de conférence un lundi de rentrée qu’à un vaste fourbi dans lequel un bibliothécaire (chemise à carreaux, pantalon de velours, grisonnant à petites lunettes) vous retrouve en deux minutes dans le fond d’un carton usé l’édition épuisée du bouquin que vous cherchez depuis deux ans. Nous sommes de beaux rêveurs.
Boris Kohlmayer aka Lauter fait sans doute aussi parti de cette vaste confrérie de rêveurs crédules, souvent emprunts de mélancolie, à l’image de ses compositions. Quelque peu intimidé, le poète alsacien doit se sentir un peu seul sans ses acolytes du label Herzfeld.
Et pourtant en près d’une heure, il déroule un set sensible et pertinent où les sources folk se meuvent en ruisseaux intemporels, s’engouffrant dans des failles psychédéliques, se perdant dans les courants froids d’un brit-rock métallique, rebondissant sur de petites perles mélodiques sans jamais trahir les codes traditionnels du songwriting. De nappes d’harmonica en cascades banjoistes, Lauter nous ouvre les portes de grands espaces où les petits ruisseaux rejoignent les grands fleuves, très humblement, très naturellement.
A l’écoute de son deuxième album très prometteur, Cursed, nous encourageons Lauter (dont le nom découle d’une petite rivière alsacienne qui se jette dans le Rhin) à poursuivre cette esthétique sonore si singulière.
Fin du premier acte belfortain de Génériq, mais le festival continue dans toute la région Est jusqu’au 22 février et l’équipe de Froggy’s Delight reste mobilisée.
Keep on rockin’.
