Réalisé par Maïwenn. France. 2009. Avec Jeanne Balibar, Romane Bohringer, Julie Depardieu.
Après Pardonnez-moi, le deuxième film de Maïwenn continue de brouiller les pistes entre fiction et réalité, transcendant cette fois l’exercice le style pour devenir une vraie comédie dramatique faite de jeux de miroirs.
La magie de ce film, dans laquelle réside une grande part de son intérêt, c’est que chacun le verra à sa manière. Et chacun croira, ou se prendra à croire à la réalité de certaines scénettes.
Mêlant images et imaginaire, la réalisatrice prend tout le même le parti de ne jamais montrer – quasiment – une image "vidéo" de son faux reportage. Le Bal des Actrices est donc bien un film de fiction qui joue sur la manière dont on imagine le métier d’actrice, et sur certaines réalités, anecdotes galvaudées ou inattendues.
Le film parle notamment de la difficulté pour ces femmes, même renommées, de se voir proposer des rôles de premier plan. Avec réalisme et grande tristesse, sans jamais tomber dans le pathétique, l’épisode du casting avec Romane Bohringer est, à ce titre, une scène forte du film.
Mais la réalisatrice sait également s’attarder sur des détails glamour avec sensibilité, parfois avec ironie. Notamment par le biais des intermèdes musicaux très courts, bien mieux à propos que les interminables chansons d’Agathe Clery.
Reposant sur une poignée d’actrices "principales", le film compte néanmoins sur une vaste galerie de personnages, évoluant dans leur propre cadre. Ce n’est pas un film choral, mais peut-être une filiation de Claude Lelouch. Maïwenn a d’ailleurs joué pour lui, dans Les Parisiens et Le courage d’aimer.
A mi-chemin entre docu-fiction, le dogme 95 et la comédie, la réalisatrice à visiblement préféré réaliser un drame humain, plutôt que de jouer le jeu des poupées gigognes. Le film en ressort plus fort car il est entier mais passe également à côté d’une partie de son potentiel de mise en abîme.
