Vaudeville de Georges Feydeau, mise en scène de Paul Golub, avec David Ayala, Emeline Bayart, Philippe Bérodot, Brigitte Boucher, Sébastien Bravard, Jean-Yves Duparc, Martial Jacques, Marc Jeancourt, Brontis Jodorowsky, Valérie Moinet, Stéphanie Pasquet, Carolina Pecheny-Durozier, Rainer Sievert et Stanislas de la Tousche.
"La puce à l'oreille" de Georges Feydeau, grand classique du vaudeville régulièrement à l'affiche, a été et continue à être mis à toutes les sauces.
Cette pièce repose sur un argument récurrent chez Feydeau, qui ressortit à l'effet papillon : le petit fait ordinaire, en l'espèce la réception d'un colis postal contenant une paire de bretelles, va déclencher le chaos. L'épouse, à la sensualité plutôt tiède d'un homme au beau tempérament, mais momentanément en panne des sens, monte un stratagème avec une amie de son acabit, dotée d'une mari sud-américain particulièrement ténébreux, pour confirmer ses soupçons d'infortune et punir l'infidèle en prenant pour amant l'incontournable ami de la maison.
De méprises en quiproquos, ces dernières et toutes les personnes qui gravitent autour d'elles se retrouvent au bien nommé Hôtel du Minet Galant à Montretout pour une cavalcade épique qui fait du 2ème acte le point d'orgue qui prend ici un tour hallucinant.
En effet, Paul Golub, en propose, avec sa compagnie Le Théâtre du Volcan bleu, une déclinaison pour le moins éruptive, poussant qui ne fait pas dans la dentelle.
N''hésitant pas à outrer le trait,les personnages ne sont plus que leur propre et ridicule caricature et la plupart sont soumis à une biologie des passions qui en fait des pantins à la trivialité appuyée.
A l'affiche, que des comédiens de qualité dans des partitions inégales. Ainsi David Ayala tire bien son épingle du jeu dans le double rôle du bourgeois impuissant et du garçon d'hôtel pochetronné, de même que Sébastien Bravard dans celui du frère souffrant d'un défaut d'élocution et Carolina Pecheny-Durozier, excellente en Louise Brooks ancillaire sous acide.
A l'opposé, du côté du jeu très "physique", Brontis Jodorowsky, dans le rôle de l'amant potentiel qui laisse libre cours à une frénésie sexuelle très démonstrative et Philippe Bérodot , en jaloux exotique qui veut "touiller" tout le monde, se donnent à fond, tout comme Rainer Sievert en diafoirus moderne adepte du travestissement et du chat à neuf queues, dans une pantalonnade parodique qui fait toutefois toujours autant rire le bourgeois.
