Entourée de leur manageuse, de leur guitariste et, pour les besoins de leur promotion actuelle, de leur attaché de presse français, les deux soeurs Pierces, Allison et Catherine, reçoivent l’équipe de Froggy dans un bel hôtel parisien, à grands renforts de "welcome" et de sourires généreux.

Pendant que notre photographe installe son matériel dans la pièce adjacente, cette petite équipe américaine discute doucement dans une ambiance aux lumières tamisées qui incite à la discrétion. Après quelques clichés en duo, puis chacune en solo, les deux soeurs et leur guitariste se rassemblent autour du micro pour une session acoustique de qualité. Après avoir enregistré "Turn on Billie" en une seule prise, le guitariste insistera avec délicatesse et professionnalisme pour refaire par trois fois la chanson "Sticks and stones", pour une version finale dynamique plus que satisfaisante.

Vient alors le temps de l’interview, qui sera rapide pour respecter l’emploi du temps prévu dans la soirée. Alison et Catherine sont assise côte à côte, et se plient pour la dernière fois de cette journée média au jeu des questions.

Comment êtes-vous venues à la musique ?

Allison : Notre père était musicien. Dès que nous avons commencé à parler, il nous a fait chanter.

Comment êtes-vous passées à la musique professionnelle ?

Catherine : Nous avons tenté notre chance, comme tout un chacun. Nous avons fait des scènes dans des bars, des cafés concerts ; et un ami a fait parvenir une cassette à un label, un jour. Et cela a fonctionné... Sans même montrer notre photo, je précise !

Vous considérez-vous comme chanceuses ?

Catherine : Oui !

Allison : Oui, mais vous savez, cela a pris du temps. Nous faisons cela depuis 10 ans, un peu plus même. Mais aujourd’hui, bien sûr, nous sommes heureuses d’être à Paris gratuitement !

Comment définiriez-vous votre propre musique : moderne ou ancienne école ?

Catherine : C’est une sorte de mélange éclectique des deux. Nous aimons beaucoup de genre musicaux différents, moderne, classique, pop... Nous prenons des éléments de tout ce que nous aimons. C’est pour cela que chaque chanson est très différente de la suivante.

Dans la presse anglaise, vous avez été comparées à plusieurs reprises à "Gwen Stefani qui ferait du cabaret". Etes-vous d’accord avec cette comparaison ?

Allison : C’est drôle ! J’aime beaucoup Gwen Stefani !

Catherine : Je suppose qu’il y a des similitudes, après tout, c’est de la musique pop !

Cet album, qui est votre troisième, peut-il être vu comme une sorte de journal personnel de vos vies entre le précédent disque et celui-ci ?

Allison : Oui, la plupart des chansons sont comme un journal intime de nos vies.

Catherine : Cet album montre davantage nos personnalités réelles. Nous avons été libres de chanter ce que nous voulions, alors nous avons pu rajouter de l’humour, notamment. Les albums précédents proposaient principalement des chansons tristes, celui-ci est très différent.

Un album plus pop ?

Catherine : Plus amusant, plus ironique, plus... tout !

Une grande majorité des titres sont des chansons d’amour. Amour déçu, séparation, déception, coeur brisé... Tout ceci fait partie du journal intime ?

Catherine (sans hésiter) : Absolument ! (rires)

Allisson : Cela fait partie de la vie, et de l’amour...

Par exemple quelle chanson ?

Catherine : "Secret"... Ce n’est pas une chanson d’amour, mais cela parle de ce que l’on a vécu dans notre groupe d’amis : tout le monde disait des secrets à tout le monde, jusqu’au jour où on a tous été démasqués !

Vous avez enregistré cet album sans label, est-ce pour cela que vous avez été plus libres ?

Allison : C’est vrai, nous avons fait cet album par nous-mêmes, avec le soutien de nos amis. Nous n’avions pas besoins de penser "cette chanson doit être un tube" ou bien "le label doit aimer celle-ci". On s’est juste amusées à faire ce qu’on voulait : essayer différents styles, expérimenter.

Le titre de l’album est 13 Tales of Love and Revenge (13 contes d’amour et de vengeance), c’est un titre explicite, tout autant que les chansons, dans lesquelles vous abordez les idées de la mort, de la vengeance... Vous pourriez faire partie de la bande originale d’un film de Quentin Tarantino, qu’en dites-vous ?

Catherine : Il parait, et on est assez d’accord avec ça...

Allison : Mais lui-même ne doit pas encore s’en être rendu compte...

Une autre chanson, "Boring" ressemble à un générique de James Bond...

Allison : Encore une fois, beaucoup de gens nous l’ont dit.

Catherine : Cela vient peut-être de notre côté naturel de comédiennes, cela doit se ressentir dans nos compositions et donc nos chansons collent bien aux films.

Vous rendez-vous compte que vous formez à vous deux une sorte de parfait projet marketing ?

Allison : Cela fait quand même 10 ans que les gens nous répète cela "ce sera facile", "c’est déjà parfait"... Mais c’est notre troisième album, et seulement le premier à réellement sortir du lot. Peu importe que les apparences soient avec nous, il me semble que si on n'a pas la bonne musique qui suit derrière, cela ne marcherait pas.

Beaucoup d’observateurs, professionnels ou publics doivent s’arrêter aux apparences. Pourtant l’album est vraiment réussi et musicalement intéressant (Catherine répond doucement "Merci"), comment parvenez-vous à dépasser ce fossé entre votre image marketing et votre travail de création ?

Allison : Vous savez, c’est la même problématique pour tous les artistes : on veut savoir à quoi ils ressemblent, qui ils sont et d’où ils viennent avant de commencer à écouter leur musique... Cela fait partie du travail. C’est parfois frustrant de voir certains se focaliser sur cela, mais si vous avez la bonne musique qui suit, cela fait partie du jeu.

Y a-t-il un pays où cette difficulté fut plus grande ?

Catherine : Sans doute les Etats-Unis, les journalistes nous parlaient avant tout de la mode.

"Boring" est une chanson avec un texte très ironique, et joue ce jeu de se moquer du parfait.

Allison : Cette chanson raconte la vie de quelqu’un qui a tout mais qui semble rester blasé et s’ennuyer de vivre. Ce n’est pas notre histoire et la chanson ne doit pas être prise au sérieux, trop de gens, aux Etats-Unis par exemple, ont manqué le côté ironique, caricatural et drôle...

Pourtant, à leur décharge, le clip ne joue pas du tout cette carte de l’ironie.

Catherine : Ce qui finalement, peut être ironique, non ?

Dans un certain sens, bien sûr, mais on peut comprendre que le public se soit arrêté à l’image du clip en noir et blanc sexy ?

Catherine et Allison : Mais nous voulions faire un clip drôle qui aille dans le sens de la chanson !

Catherine : Nous aurions voulu faire des choses un peu folles, rigolotes, mais le réalisateur ne voulait pas aller dans ce sens.

Allison : Sans doute est-il lui-même passé à côté de la chanson... Mais on ne peut plus rien y faire, le clip est déjà sorti !

Comment appréhendez-vous le concert de demain (25 novembre 2008) à Paris ?

Catherine et Allison : Excitées... et nerveuses.

Avez-vous d’autres concerts de prévus en France ?

Catherine : Sans doute l’an prochain, un petit "Tour de France" (en français).

Allison : Peut-être un tour d’Europe.

Une de vos chanson s’intitule "3 wishes" ("3 souhaits") : avez-vous trois souhaits à formuler pour le concert de demain ?

Allison : Ne pas se planter !

Catherine : Que tout se passe bien... Que chaque personne présente parle de nous à 10 de ses amis... et qu’on ne se plante pas !

Retrouvez The Pierces
en Froggy's Session
pour 2 titres acoustiques en cliquant ici !