En bas, les nuages, le dernier livre de Marc Dugain, se présente comme un recueil de nouvelles, bref, sept histoires dont l’intérêt pour le lecteur demeure inégal.

Je mets de côté "Eileen" qui est un récit trop court pour laisser une marque quelconque dans notre mémoire. "Légende naïve de l’ouest américain" déçoit lui aussi, parce que l’auteur semble incapable de l’ancrer peu ou prou dans la réalité.

Pourtant, au-delà de quelques détails qui peuvent rattacher toutes ces histoires entre elles (avec "Légende naïve de l’ouest américain", une photo montre une femme lisant un livre au bord de la piscine d’un hôtel, et dans "Les vitamines du soleil", on retrouve la même scène. Je puis citer également ce critique en gastronomie qui ressemble à celui de "Montparnasse" et rencontre l’artiste de la nouvelle suivante "Vent d’est". Et le fait que l’artiste de "Vent d’est" possède une maison en Dordogne comme l’éditeur de "La bonté des femmes"), je parviens à trouver le trait qui caractérise la plupart des personnages masculins.

En effet, Marc Dugain éveille l’attention à partir du moment où ces hommes dressent un portrait désabusé d’eux-mêmes et du monde. La cruauté de l’éditeur de "La bonté des femmes", de l’auteur dramatique des "vitamines du soleil" ou encore celle du critique culinaire de "Montparnasse" offrent des moments jouissifs sur la haine de soi en particulier et la médiocrité en général.

Mais ce sentiment autodestructeur prend une ampleur véritable dans "Vent d’est". Un peintre a décidé de fuir la superficialité parisienne pour s’enfermer dans sa maison à la campagne. Il n’a pas de mots assez dures pour lui, sa famille et ceux qui l’entourent. Or, l’apparition d’une femme dans sa vie va être le déclencheur d’une émotion, car elle dévoile l’humanité cachée de cet homme.

C’est la seule nouvelle qui échappe à notre jugement lequel aurait tendance à voir, dans En bas, les nuages, une œuvre passable, en raison de ses facilités d’écriture, et de poncifs contenus dans chacune des histoires (malgré la proximité narrative avec "Vent d’est", "Les vitamines du soleil" font parfois penser à un roman de gare).

Cependant, la dernière histoire, "Les lucioles de jade", vaut mieux que chacune des nouvelles rassemblées dans Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part d’Anna Gavalda.