Un peu de nostalgie, ça ne peut pas faire de mal. Il s’agit, ce soir, de faire un bond d’environ 20 ans en arrière et de retourner à une époque dont les trentenaires se souviennent avec émotion.

Les années 80, qui ont été le summum du bon goût vestimentaire et du bon goût tout court, ont connu une scène musicale anglaise assez active. Et The Christians en est un de ses fameux représentant, connaissant une célébrité énorme avec quelques tubes passés en boucles sur les ondes et des millions d’albums vendus.

C’est donc avec une certaine joie, mais non sans appréhension que l’on observe ce come-back après tant d’années, avec Soul from Liverpool un album unplugged fait aux deux tiers d’anciens titres.

21h, les lumières baissent sur une salle quelque peu clairsemée. L’Alhambra n’est pas plein et Garry s’en amuse dès son arrivée sur scène. La formation est minimale et à l’instar de l’album, acoustique : un batteur, deux guitaristes dont un qui assure également les choeurs et un grand gaillard au crâne rasé et aux lunettes de soleil qui assure le chant.

Forcément le public est surtout constitué de nostalgiques des années 80-90 (Ceux qui avaient dansé des slows sur "Words"). Ayant connu un succès pratiquement mondial, jouer aujourd’hui dans une petite salle avec un public peu nombreux, force à la modestie. Et finalement Garry Christian, semble à l’aise dans ce rôle, possédant une décontraction à toute épreuve. Il faut dire qu’il tourne sous cette forme depuis plusieurs années et doit être quelque peu habitué.

Le groupe attaque d’entrée par un des inédit de l’album : la reprise de Bob Dylan, "I shall be released". Beaucoup plus soul que l’original, on retrouve immédiatement la voix chaude du chanteur.  Sagement assis, le public de connaisseurs apprécie. Mais encouragé par Garry, il finit par se lever et se dandiner en tapant des mains au bout de quelques chansons. De sa voix inimitable, le chanteur prend le contrôle des opérations et une connivence s’installe entre le lui et la salle. Discutant avec le public entre chaque chanson (une quinte de toux un peu persistante sera le thème récurant  de la soirée), il noue un contact chaleureux et émaille ses interventions de rires sincères.

Bien sûr, les grands tubes d’autrefois sont assurément là : "I feel like a born gain", " Words" qui fait frissonner le public, mais aussi la reprise de Cat Steven, "Where the children play". De nouvelles chansons sont également glissées par-ci, par là, comme le très réussi "Overwhelmed". Le guitariste lead use sans retenue de sa Wah-Wah et pratique avec brio des soli. Le groupe est bien rodé mais perd un peu en émotion.

Après plus d’une heure de concert, un premier rappel est l’occasion une nouvelle fois d’une reprise ("Here come the sun") avant que le groupe ne revienne sous l’insistance du public pour un "Greenbank drive" très enlevé incluant quelques mesures d’un "Papa was a rolling stone" évidemment soul.

Le concert achevé, je passe la porte ... retour aux années 2000.