Réalisé par Steven Soderbergh. France, USA, Espagne. 2009. Biographie. Avec Benicio Del Toro, Carlos Bardem, Demian Bichir, Santiago Cabrera.

Steven Soderbergh est un réalisateur touche à tout. L’animal reste difficile à ranger dans un tiroir. Films grand public avec ses Ocean’s Eleven et Ocean’s Twelve, film d’auteur avec Bubbles, thriller avec Traffic, sans oublier la comédie mœurs avec Sexe, mensonges et vidéo. Un réalisateur qui a envie de tout tester, ceci de façon plus ou moins réussie.

Son dernier opus est un dyptique sur le Che, figure révolutionnaire mythique. Deux films qui sortiront, à regret, à presque un mois de différence. Le premier Che : L’argentin, sorti le 7 janvier et le second Che : Guerilla, sortie prévue le 28 janvier.

La première partie relate de la chute de Batista, et donc de la prise de pouvoir des révolutionnaires cubains, à leur tête, Castro et Guevara. La deuxième raconte la guérilla Bolivienne que Guevara décide de mener, et de son échec. L’apogée suivi de la chute, en quelque sorte.

Soderbergh a relevé maladroitement son pari. Guevara, incarné par un Benicio del Toro au charisme nonchalant, est filmé de façon on ne peut plus froide, faisant penser à un documentaire. On le voit marcher avec ses compagnons dans la forêt, se poser sur des campements, où l’attente se fait trop attendre. Sa rencontre avec la femme qui lui donnera quatre enfants est à peine esquissée. Bref, il ne se passe pas grand-chose durant ces deux films.

Le premier opus, en particulier, prépare relativement mal la chute à venir de la légende révolutionnaire qui se solde par une mort brutale. En effet, la personnalité du Che est à peine révélée, le souci de réalité de Soderbergh a érodé l’optique dramatique que le cinéma peut nous offrit. Peut-être était-ce l’effet escompté par le réalisateur, mais il aurait alors été plus heureux de choisir une icône moins connue. Car l’attente du spectateur attiré par le nom sur les affiches restera insatisfaite…

Car après tout, quel intérêt de parler de pareille icône sans en aborder l’aspect psychologique ? Soderbergh s’est trompé : il n’est pas possible de faire de l’objectif sur pareil personnage, sous peine de faire de la didactique sans grand intérêt.