Le Musée National de la Renaissance expose des collections permanentes qui embrassent l'intégralité des arts décoratifs de la Renaissance mises en situation dans les trois niveaux du magnifique Château d'Ecouen, de la Chapelle à la bibliothèque en passant par les appartements, dans une présentation particulièrement esthétique.
Des collections abondantes qui ne peuvent être appréhendées en une seule visite et méritent des focus thématiques qui peuvent, au demeurant, être grandement facilités par la lecture du guide du musée.
Les
arts du feu, avec notamment la céramique, y occupent
une large place. Au deuxième étage, voisine de
la très étonnante salle consacrée à
la céramique ottomane d'Iznik, la galerie des arts du
feu est investie par la céramique française et
la céramique italienne.
Aux côtés des céramiques rustiques de Bernard Palissy, mettant en scène serpents et animaux aquatiques et serpents et des tapis de faïence du premier grand faïencier français Masséot Abaquesne, le visiteur peut découvrir deux registres particulièrement spectaculaires par la technique et le rendu esthétique.
D'une part, deux pièces de l'exceptionnelle et rare production de la poterie de Saint Porchaire, qualifiée d'orfèvrerie de terre, pièces d'apparat de couleur blanc-ivoire caractérisées par des motifs damasquinés et des ornements en reliefs d'inspiration animalière.
Par
ailleurs, le Musée National de la Renaissance possède
la plus belle collection au monde d'objets d'un art spécifiquement
français, l'émail peint et de son officiant majeur
Léonard Limosin
Si les émaux polychromes aux couleurs chatoyantes représentant les scènes bibliques paraissent plus familiers, plus inattendu pour le néophyte, est l'émail peint en grisaille.
Excellent portraitiste dans la lignée de l'art des Clouet, Léonard Limosin participe de la vogue du portrait privé au 16ème siècle dont il est un des artisans en portant à son apogée le portrait émaillé par une technique virtuose.
D'autres
émailleurs, tel Pierre Penicaud,
se spécialisent dans la transposition de gravures anciennes,
à la thématique mythologique, dans des pièces
de forme imitant l'orfèvrerie créant un pendant
français à la majolique italienne.
En contrepoint, la riche et variée collection des pièces de céramique italienne explosent de couleurs, essentiellement le bleu, le vert le jaune-orangé et le Musée National de la Renaissance en propose une grande variété au public.
L'art
de la majolique, terre cuite émaillée
dont les centres de production majeurs sont Faenza et Urbino,
s'attache à la réalisation de somptueuses pièces
de vaisselle essentiellement décoratives.
Comme pour l'émail, la gravure, qui connaît un essor européen, constitue la source d'inspiration principale. Les estampes de Albrecht Dürer pour les sujets bibliques et les œuvres de Marcantonio Raimondi, le graveur des dessins et des peintures de Raphaël, d'où le rendu de "tableau".
Sensibles
à l'art de l'ornement, les peintres de majoliques multiplient
les variations décoratives ce qui aboutit à une
grande richesse décorative.
La visite ne saurait s'achever sans aller dans la salle où est exposée une récente acquisition du musée qui constitue désormais le cœur de la collection de céramiques.
Il s'agit du pavement de la salle d'honneur du Château de Polisy en faïence polychrome, classée "trésor national", œuvre unique par sa dimension, sa qualité de conservation et la richesse de son dessin.
Un vrai plaisir des yeux.
