2008 fut une belle année de cinéma.
Ce fut d'abord une année des records, en France avec Bienvenue chez les Ch'tis, qui a dépassé La grande vadrouille et presque Titanic. Et de l'autre côté de l'atlantique, où The Dark Knight a dépassé Star Wars, et...presque Titanic.
Mais 2008, ce fut également des films d'auteurs, des grosses machines, des comédies, quelques reprises, des films avec des flics, quelques ratés bien sûr, et finalement plusieurs ovnis étranges assez généreux.
Deux grands cinéastes se sont rappelés à nous: le quartier latin de Paris nous a offert avec bonheur les reprises de Edward aux Mains d’Argent et Faux Semblants. Deux chefs d'oeuvre majeurs de leurs auteurs respectifs, Tim Burton et David Cronenberg
Côté auteurs, nous avons été gâtés cette année : deux films de James Gray, deux films sur Georges Bush, deux films réalisés par des Anderson : Paul Thomas pour l'oscarisé There will be blood, et Wes pour A bord du Darjeeling limited.
Sans oublier les nouveaux opus très classiques dans leur genre de Woody Allen ( Vicky Cristina Barcelona), et Georges Romero (Diary of the Dead).
Ce dernier, tout comme Cloverfield et Rec ont exploité le style visuel tremblant initié il y a déjà plusieurs années avec Le projet Blair Witch.
Sans transition, rayon comédies, nous retiendrons sans hésiter Tu peux garder un secret ?, même si visiblement, nous sommes bien peu à l'avoir vu et chroniqué dans la presse. Bien dommage pour cette comédie enlevée, drôle et généreuse.
Tout aussi réussi, Le Crime est notre affaire de Pascal Thomas, et réussi également, dans un autre registre comique, le retour d'Eric et Ramzy avec Seuls Two
Seul, Jason Statham l'était quasiment à l'affiche des films d'action pure souche. Avec plusieurs séries B et son éternel rôle de Transporteur (3), nous lui avions consacré un portrait.
Portraits de la société, du monde actuel et des personnages que nous sommes, plusieurs cinéastes ont photographié l'instant. Raymond Depardon avec La Vie Moderne, Abdellatif Kechiche avec La graine et le mulet, ou encore Michael Haneke qui a dépeint, une nouvelle fois, sa vision des jeux de rôles pervers à travers la relecture, en forme d'exercice de style, de son Funny Games, version Oncle Sam, empreint d'hermétisme Kubrickien.
Hermétique, Keira Knightley l'était tout autant dans sa dernière guimauve, relatant la non-vie de The Duchess, ancêtre de Lady Diana.
Indiana Jones, lui, ne cherche plus ses ancêtres, mais le royaume du crâne de cristal. Il ne trouvera que des extraterrestres, passablement anachroniques, mais sans doute échappés de la planète que Keanu Reeves Le jour où la Terre s'arrêta.
James Bond, lui ne s'arrêtera jamais. Peut être devrait-il au risque de continuer à décevoir.
Déception également côté ambitions françaises : Babylon A.D de Mathieu Kassovitz ne parvient pas à nous faire croire à son univers, Coluche n'a pas convaincu, et du côté américain, pas d'enthousiasme pour le nouveau Narnia, toujours aussi carton pâte, ni pour le dernier des frères Wachowski (auteurs de Matrix) : Speed Racer.
Speed, Roschdy Zem l'était bel et bien dans Go Fast, de l'écurie Besson, toujours dans le vent. Contrairement à d'autres flics comme les sempiternels De Niro et Pacino, il faut dire peu soutenus par le scénario et la mise en scène de La loi et l'ordre.
Mais dans cette guirlande d'insignes, nous n'avons pas oublié les deux claques de l'année, dans le genre policier : avant tout Les Insoumis de Claude-Michel Rome, un film exceptionnel à tous points de vue, digne héritier de Assault de John Carpenter.
Mais également, bien entendu, le film en deux parties Mesrine, une formidable entreprise créative et rondement menée, de l'excellent cinéma. Espérons que cette créativité et cette productivité continueront à faire bon ménage dans le paysage cinéma français.
Le cinéma, depuis quelques années, ce sont les super héros. L'été 2008 a eu un lot promotionnel avec Hellboy 2, le même que le premier à peu de choses près, Hancock, le piège à touristes par excellence, et, enfin, peut être, le renouveau du genre avec Iron Man de John Favreau : décomplexé, entier, et intelligent.
Ces trois qualificatifs peuvent tous s'appliquer aux ovnis de l'année : des films différents, ou peu comparables aux sorties habituelles. Des films qui jouent leur propre jeu sans se soucier des créneaux marketing.
Vilaine nous a offert une comédie enthousiasmante et décalée. Tout comme Bons baisers de Bruges, ces deux scénarios jouent la carte de l'humour noir avec assurance et inventivité.
JCVD, malgré son insuccès, marque les esprits par sa démarche et participe à la promesse d'une nouvelle génération de réalisateurs français aux oeuvres réfléchies.
Réfléchi, conscient du monde actuel, le cinéma continue d'être, en 2008, un formidable vecteur d'idées. De nombreux films ont parlé politique et sociétal cette année, chez Froggy nous avions chroniqué GAL, de Miguel Courtois. Mais dans un même cinéma porteur de messages, nous avions vu et apprécié Dernier maquis, Blindness, ou encore Valse avec Bachir.
Dans la valse des sorties, plusieurs sorties de route cette année.
Parlez-moi de la pluie n'a pas parlé à grand monde, La Fille de Monaco, malgré une reconnaissance de la presse, ne brillait que par la présence de Roshdy Zem.
Capitaine Alatriste, malgré une belle photographie, a tenté de faire souffler un vent d'épopée historique sur nos écrans : il aura uniquement fait souffler d'ennui les spectateurs dans les salles.
Les salles obscures, l'équipe de Froggy les retrouvera d'ici quelques temps, pour une nouvelle année de cinéma.
En attendant, vous pourrez compléter votre tableau de chasse avec les derniers arrivés de feu 2008 : le dernier des frères Coen, pour les amoureux du duo; tentez votre chance avec un nouveau venu: Largo Winch, ou bien allez au cinéma en famille avec le très divertissant Madagascar 2.