Le Centre Pompidou propose, sous le titre "Christian Bonnefoi - L'apparition du visible", une exposition consacrée à l'œuvre du peintre Christian Bonnefoi.

Conçue sous le commissariat de Agnès de la Beaumelle, Conservateur en chef au Musée National d’Art Moderne, cette exposition revêt la forme d'une rétrospective présentée sous forme de parcours chronologique depuis les premiers collages des années 1970 jusqu’aux derniers tableaux peints en 2007 de la série des "Babel".

Elle rend compte du protocole exploratoire d'un peintre inscrit dans le mouvement de la peinture abstraite dont la réflexion analytique est centrée sur la modernité en peinture depuis le collage cubiste.

La stratégie du tableau

L'exploration de Christian Bonnefoi s'attache non seulement aux pratiques plastiques, en particulier le collage, l’assemblage et le montage, mais également à la déstructuration de l’espace traditionnel de la peinture.

Issue du minimalisme géométrique des années 1970, son oeuvre revêt un caractère éminemment conceptuelle en ce qu'elle rejette tout caractère figuratif mais aussi subjectif.

Son postulat, invariant depuis ses débuts, est de "reformuler la question du tableau" pour laisser apparaître ce qui va le constituer par apposition de couches.

De l'abstraction monochrome des "Janapa" à la transparence des "Hyperion" puis à la polychromie des "Euréka", des diagonales aux formes serpentines jusqu'aux collages des "Ludo" qui s'échappent du cadre, il procède par séries à la recherche du visible.

Christian Bonnefoi, qui est son propre exégète, touche du doigt une réalité qu'il décrit ainsi : "Je me rends compte aujourd'hui je travaille depuis trente ans à essayer de voir la face du Dos de Matisse".

Une démarche qui n'est pas sans rappeler celle des variations pratiquées par le maître absolu de la peinture du 20ème siècle célébrée en ce moment même au Grand Palais avec "Picasso et les maîtres".