Jason Statham est le nouveau Bruce Willis du cinéma d’action et de série B. Comme son prédécesseur, il partage la carrure, la calvicie et une tronche peu avenante mais non dénuée de charme pour ces dames.

Comme Bruce, il a sa propre saga à succès : l’un avait Die Hard (de Piège de Cristal à Retour en Enfer), aujourd’hui Jason a son Transporteur (le troisième épisode sort cette semaine).

Mais surtout, comme son prédécesseur, il alterne des films intéressants ou ambitieux, avec de belles séries B surchargées en répliques graves, explosions de toutes sortes et scénarios faiblards.

Le parallèle peut continuer : Jason Statham jouit actuellement d’un vrai capital sympathie auprès du public, comme Bruce Willis l’a – presque – toujours eu. S’il n’a pas l’envergure bankable internationale d’un Nicolas Cage, on monte à présent des films sur son nom car sa présence au générique loge directement le film dans une niche identifiable pour le public.

Avec le désagrément inhérent à cette image que Willis, Stalone et Schwarzy ont connu, à part quelques comédies d’arnaque, mais où il a toujours un flingue à la main, Jason Statham ne parviendra sans doute pas à se sortir de cette étiquette que le public et les producteurs voient à présent sur lui.

On a bien eu quelques contre-exemples où les acteurs de films d’action s’essayaient à la comédie, mais sans jamais parvenir à redéployer leur carrière. De nos jours, les gros bras comme Vin Diesel ou Dwayne Johnson (The Rock) se sont essayés très tôt à la comédie estampillée Disney, pour casser dès le départ leur image d’action man.

Avec la fin de l’ancienne génération des Rambo, Rocky, Indiana Jones, Terminator (tous ont bouclé la boucle, semble-t-il), les nouveaux visages et les nouveaux gros bras reprennent le flambeau des sagas : Christian Bale (Batman) tiendra, par exemple, le rôle titre du prochain Terminator.

Mais le marché des films d’action a aujourd’hui quasiment disparu au profit des films de super héros et des thrillers très imprégnés par leur époque (la saga Jason Bourne en est un témoignage).

C’est dans ce contexte qu’un acteur comme Jason Statham est parvenu à développer une image de nouveau représentant de l’action. Même si, aujourd’hui, ce genre est très proche de la série B.

Les deux derniers films dans lesquels il est apparu sont l’illustration de ce phénomène : Course à la Mort est une série B qui frappe fort mais qui ne parle jamais au cerveau. Braquage à l’Anglaise est un film de braquage classique et somme toute bas de gamme, avare en action mais dans l’air du temps.

En attendant une future tentative de reconversion dans le drame (comme Stalone avec Copland), les caméos et autres apparitions (Bruce Willis dans Ocean’s 12, Drôles de dames...), Jason Statham a repris le flambeau et continue de rouler des mécaniques, sans grande concurrence.