Réalisé par Jean-François Richet. France. 2008. Avec : Vincent Cassel, Ludivine Sagnier, Mathieu Almaric.

Après la claque effrontée que fut, il y a à peine 3 semaines, L’Instinct de Mort, Cassel, Richet et Langmann viennent boucler la boucle de "leur" Mesrine sur grand écran.

Sans déclencher le frisson exceptionnel du premier film, L’Ennemi public n°1 persiste et signe avec brio une oeuvre unique à double face.

Vincent Cassel est toujours omniprésent à l’image et domine son monde. Une véritable vague de seconds rôles vient supporter son travail, ventiler le scénario et enrichir les espaces humains et dramatiques du film.

De tous ce "supporting cast", chacun à sa place. Samuel Le Bihan, Gérard Lanvin, Michel Duchaussoy, Anne Consigny... Au final, le casting est pertinent, mais surtout l’écriture du scénario, des dialogues, et le tempo précis du réalisateur font de l’ensemble une réussite.

Dans cette galerie de personnages réincarnant la réalité, Mathieu Amalric possède, après le premier rôle, une vraie présence en deux dimensions. Il est d’ailleurs bien plus inquiétant ici que dans le dernier James Bond.

A noter également, une prestation très juste d’Olivier Gourmet, offrant un réalisme palpable à son personnage, et donc un sparring partner de choix à Mesrine/Cassel lors de leurs échanges et de leurs parallèles.

Mesrine en lui-même est à présent plus décontracté, plus gros, selon une volonté apparente de mettre en scène ce deuxième volet de manière moins vive.

Malgré les nombreux braquages présents dans le film, les provocations à répétition du personnage et le rythme soutenu (nombre de scènes, enchaînements, multiplicité des points de vue secondaires, montage dynamique), L’Ennemi public n°1 montre comment Mesrine profite de tous les plaisirs de la vie et veut le faire en permanence sans aucune contrainte.

Donc si le film reste palpitant, il ne contient plus vraiment de morceaux de bravoure farouches, bruyants et culotés. Vincent Cassel semble assumer pleinement son personnage et apparaît largement décomplexé à l’écran.

L’Instinct de Mort étant toujours à l’affiche, il est à conseiller de voir les deux films à la suite, en une soirée, pour apprécier cette conclusion tragique en ayant toujours dans l’âme et dans les yeux la tension du premier film.

Une manière également de profiter du projet dans sa globalité, de voir "le" film Mesrine sans coupure et de se laisser porter par la réalisation exemplaire de Jean-François Richet qui aura maîtrisé son projet jusqu’à la fin du générique de L’Ennemi public n°1.