L'exposition "Picasso et les maîtres", qui se tient au Grand Palais, est LA grande exposition de l'année 2008 par le nombre de chefs d'œuvres réunis et la thématique qui tient à mettre en évidence le dialogue incessant qu'a eu Picasso avec ses maîtres.
A l'image de la scénographie qui a été adoptée pour l'exposition, qui a pour objectif de recréer une "grande galerie de peinture idéale à l'architecture invisible pour laisser les oeuvres au premier plan", le catalogue proposé par les Editions de la Réunion des Musées Nationaux, est de facture classique.
La partie reproduction des œuvres en pleine page est précédée de plusieurs essais indispensables qui explicitent la démarche de Picasso dans cette entreprise quasi systématisée d'appropriation et de recréation des œuvres majeures qui jalonnent l'histoire de l'art pictural occidental : "Je peins contre les tableaux qui comptent pour moi, mais avec aussi ce qui leur manque".
Anne Baldassari, directrice du Musée Picasso de Paris, qui est à l'initiative de l'exposition et qui en assure le commissariat propose une approche chrono-historique de ce qu'elle qualifie de "peinture de la peinture".
Marie-Laure
Bernadac, conservateur général du patrimoine
chargée de l'art contemporain au Louvre et co-commissaire
de l'exposition, analyse le processus "cannibale"
de Picasso en ce qu'il se fonde sur "le meurtre des pères"
qui connaît divers stades d'évolution formelle.
Ainsi voit-elle dans les premières variations réalisées dans les années 20 un refus de l'abstraction pour s'inscrire dans la lignée de la grande tradition de l'histoire de l'art et dans celles des années 50 un travail de deuil qui aboutit au style tardif d'Avignon qui constituera la référence majeure de la peinture contemporaine.
Suivent des études centrées sur les différents rapports entretenus dans cette selon les peintres. Ainsi Susan Grace Galassi, conservateur à la Frick Collection de New York pour l'influence de l'Antiquité, Francisco Calvo Serrailler, professeur en histoire de l'art à Madrid, pour l'école espagnole, l'écrivain Pierre Daix pour la tradition française et Carsten-Peter Warncke, professeur en histoire de l'art à Göttingen, les maitres allemands.
Bien évidemment, ce catalogue constitue un ouvrage de référence qu'il est vivement conseillé de lire avant la visite de l'exposition.
