Si la figure, emblème de la royauté, et la fin tragique de Marie Stuart, décapitée sur ordre d'Elisabeth d'Angleterre, a souvent suscité un parallèle avec celles de Marie Antoinette, rien de comparable entre l'exposition "Marie Stuart - Le destin français d'une reine d'Ecosse" qui se déroule au Musée National de la Renaissance à Ecouen et au Musée Condé à Chantilly avec l'exposition à grand spectacle "Marie-Antoinette" qui s'est tenue au Grand Palais au printemps 2008.

En effet, organisée par la Réunion des Musées Nationaux et le Musée National de la Renaissance avec le concours exceptionnel de la Bibliothèque Nationale de France, sous commissariat général de Thierry Crépin-Leblond, directeur du Musée de la Renaissance, en collaboration de Michèle Bimbenet-Privat, conservateur en chef au château d'Ecouen et Nicole Garnier, responsable des collections et conservateur en chef au Musée Condé, elle vise essentiellement à redécouvrir la réalité historique d'une figure royale devenue un mythe, qui inspira les artistes au point d'en faire une reine de théâtre, et à vulgariser les arts, injustement méconnus, de la Renaissance.

Cette exposition, programmée à l'occasion du 450e anniversaire du mariage de Marie Stuart avec le dauphin qui règnera brièvement sous le nom de François II, se déroule en partenariat avec le Musée Condé à Chantilly.

Ce qui donne l'opportunité aux visiteurs de programmer deux journées de visite culturelle qui peuvent se prolonger par la visite des collections permanentes de ces musées dont, de surcroît, la situation au sein de parcs et jardins, en font des destinations privilégiées pour une promenade.

Marie Stuart, incarnation de la cour des Valois

Au Château de Chantilly, la galerie Psyché, avec ses vitraux en grisaille provenant du Chateau d'Ecouen, offre un cadre particulièrement adéquat.

Notamment à la monstration, en forme d'album de famille, d'une galerie de portraits dessinés à la pierre noire rehaussée à la sanguine constituée par les portraits des membres de la famille royale et notamment des enfants, parmi lesquels Marie Stuart arrivée à l'age de 5 ans en France sera élevée.

Une série de portraits réalisés par François Clouet, éminent peintre officiel de la maison royale, tout à fait exceptionnelle tant par leur qualité intrinsèque et leur état de conservation, qui sont issus du fonds, unique au monde, détenu par le Musée Condé, des portraits dessinés du 16ème siècle provenant majoritairement de l'atelier des peintres Jean et François Clouet, qui ont donné leurs lettres de noblesse au portrait au crayon.

A Ecouen, l'exposition se déroule in situ au sein même du musée, parmi les salles d'exposition permanente, et notamment dans les salles d'apparat du 1er étage du château du connétable Anne de Montmorency, selon un parcours chronologique scandé par les événements de la vie de Marie Stuart en France, de son enfance à son départ pour l'Ecosse, qui suscita à Ronsard les vers suivants "Le jour que votre voile aux vents se recourba, Et de vos yeux pleurants les votres déroba, Ce jour la même voile emporta loin de France, Les muses qui voulaient y faire demeurance".

Marie Stuart, jeune femme louée pour sa beauté et son esprit qui captiva les poètes de son siècle, tels Ronsard et Du Bellay, rouage de la branche française de sa famille, le clan des Guise, puis image de la maison des Valois par son mariage, n'eut jamais en France, en raison du court règne du roi François II, d'influence sur l'histoire des arts.

L'exposition présente donc nombre de portraits officiels exécutés notamment par Clouet, tel l'impressionnant portrait en pied de Marie de Médicis et Marie Stuart, en miniature sur velin ou en deuil blanc dans la série de huiles sur bois et peut-être dans "Le bain de Diane".

Par ailleurs, sont réunis dessins, objets d'art, bijoux et documents iconograhiques ainsi qu'une très belle collection d'émaux peints de Léonard Limosin qui illustre l'Ecole de Fontainebleau et des moules de l'atelier de Bernard Palissy.

La légende romantique qui est attachée à Marie Stuart n'est pas ignorée et est notamment illustrée par les documents attachés au fameux quadrille Marie Stuart organisé par la duchesse de Berry et dont toutes les épisodes furent tracés sur aquarelle par le peintre Eugène Lami.

Un mythe à la vie dure et récurrente puisqu'elle devarit être prochainement incarnée par l'actrice américaine Scarlett Johansson.