Vladimir Cruells, a commencé sa carrière en tant que peintre. Aujourd'hui il réalise des installations. Le point de départ de cette installation a vu le jour au Festival de l'eau en 2006. A l'époque elle devait se passer en extérieur.
Après cela, c'est trois ans de travail autour de celle-ci avec une équipe de dix personnes. "Le sale boulot" a mûri pour devenir une pièce.
Oui une pièce, il n'y a pas de comédien mais c'est bien cela, une pièce aussi. Elle se joue en dix minutes. Tout est parfaitement calé, dès que Vladimir enclenche le mécanisme, vous êtes emporté pour dix minutes dans un voyage bien spécial.

A l'entrée deux caddies s'emboîtent dans un mouvement
répétitif en écrasant par leur rencontre
des poupées gonflables. Le ton est donné !
Pénétrez entre les rideaux noirs et découvrez l'univers de Vladimir Cruells et son "Sale boulot".
"Plonger les gens dans une sensation" de trans, c'est une des nombreuses idées que proposent cette pièce. Dans tous les cas, des sons mécaniques, répétitifs, aigus, stridents, omni présents émanent de chaque composant de cette installation.

Il y a aussi une question importante dans ce travail artistique
: quelle place a la machine dans notre quotidien ? ou encore
cette notion de flux...
Le flux, un mot qui veut dire tant de choses : le flux d'argent, d'animaux, d'immigrés... Le tapis qui transporte ici des animaux, des petits jouets de plastique comme des bagages abandonnés qui errent.
Ce tapis tourne, tourne et tourne encore en boucle, toujours avec ces animaux. Durant cette pièce des spots reflètent leur grandeur sur un mur blanc. On les croirait presque réels.
Vladimir explique que pour ce travail il s'est inspiré
de ses origines à la fois chilienne et du 93. C'est un
tout ici. mêlant le son, la mécanique très
poussée, le Hip Hop, les masques etc...
C'est un véritable capharnaüm que l'on prend plaisir à explorer pièce par pièce, objets par objets.

"Le sale boulot" c'est aussi des héros plantés
dans ce grand espace. Des héros qui ramassent la saleté
avec leur balai magique. Des éboueurs de n'importe quelle
nationalité. Le boulot que personne ne souhaite à
son enfant, n'est ce pas ? Mais c'est un boulot comme les autres
!
Cette pièce est parsemé de clin d'oeil politique, social, ethnique... Il y a aussi cette table où une dizaine de tee shirts y sont disposés : mon CV en quelque sorte explique Vladimir. Chacun a sa propre signification et origine.
Il y aussi le toboggan, la carte, le musée, la fontaine, la pile de jeux, le salon tremblant. Une création hors du commun, un travail de longue haleine, le travail d'un collectif, dans lequel se perdre, explorer, envisager, est un moment de pur évasion.
L'installation de Vladimir Cruells qui se déroule sur
600 m2 dans le Générateur de Gentilly promet,
en passant d'un hall d'aéroport aux consonances africaines
jusqu'à la banlieue parisienne, de vous emmener dans
un univers chaotique très inspiré que l'on a tout
simplement envie de toucher, de regarder...
