Texte et mise en scène de Pierre-Yves Chapalain, avec Patrick Azam, Philippe Frécon, Perrine Guffroy, Laure Guillem, Yann Richard, Catherine Vinatier et Maragret Zenou.
L'écriture de Pierre-Yves Chapalain est pour le moins singulière, simple et dense, dans une langue étrange qui paraît familière, à moins que ce ne soit l'inverse, pour raconter l'homme et explorer les strates de l'inconscient.
Au bout du bout d'un monde sans âge où toujours les mêmes maux de l'inconscient resurgissent à la faveur d'un micro événement, tel ici une lettre d'un absent, comme ces alluvions sédimentaires qui, un jour, remontent à la surface sans action apparente, poussée par le bouillonnement magmatique des tréfonds de l'âme.
Dans une famille, un simple morceau de papier et quelques mots, "La lettre", va bouleverser le quotidien d'une famille et de chacun de ses membres, électron jamais totalement libre, toujours en résonance, soumis à d'inquiétants champs magnétiques.
Mettant en scène son propre texte dans un décor glauque d'eau de fin du monde plongé dans la semi obscurité, les corps apparaissent comme des fantômes, des réminiscences d'un passé toujours présent. Les comédiens, avec en tête Catherine Vinatier, lumineuse d'humanité, travaillent ce texte, qui oscille entre onirisme et tragique, avec un talent certain.
Et ce n'est que bien longtemps après avoir quitter la
salle que le spectateur comprend cette citation de Maurice Maeterlinck
mise en exergue par Pierre-Yves Chapalain : "Faire voir
l'existence d'une âme en elle-même, au milieu de
l'immensité qui n'est jamais inactive".
