Comme le faisait remarquer Froggy dans son bilan 2003, cette année restera définitivement comme celle de l'explosion de l'Antifolk en dehors de New-York et notamment en Europe.
Pourtant derrière les artistes phares ((ex-)Moldy Peaches et Jeffrey Lewis) se trouve à marée basse une faune de groupes débordant d'activité et souvent de talent impeccablement regroupés par Adam Green et Kimya Dawson (dans le même esprit que "Sympathetic Sounds Of Detroit" de Jack White un an auparavant) dans l'incontournable compilation "Antifolk Vol. ".
Outre la bouleversante Diane Cluck (attendue de pied ferme par chez nous), s'en démarque le collectif de freaks d'un certain Seth Faergolzia répondant au nom de Dufus, dont le dernier album, "1:3:1", dresse un bilan assez élogieux de leur talent.
Avant toute chose, c'est la diversité instrumentale de la formation qui diffère de ses petits camarades de jeu, entre saxophone, violons, hurlements de toute sortes aboutissant à une délicieuse anarchique cacophonie. A l'instar de sa panoplie instrumentale, il semble quasi impossible de définir précisément le style du groupe entre folk lo-fi, musique moderne, vague reggae, punk, psychédélisme délirant lorgnant parfois vers le jazz.
On pourrait noter, s'il fallait raccrocher Dufus à des formations déjà existantes, certains points communs forts avec Captain Beefheart et son Magic Band ou les Mothers Of Invention de Frank Zappa dans leur version primitive, tous happenings dehors.
Au final, un disque parfois auditivement épuisant mais néanmoins éminemment recommandable pour qui désire se plonger plus profondément au coeur de la trépidante scène new-yorkaise actuelle.
