Liaison transatlantique adaptation de Fabrice Rozé, mise en scène de Patrick Kerbrat avec Marie France Pisier et Peter Honke

L'écriture de Simone de Beauvoir n'est pas destinée à être jouée. Tout au plus eut-il fallu, si elle devait être mise en scène, oser le parti pris de la voix off, le système de lecture des lettres avec présence simultanée sur scène des deux personnages, jeux d'éclairage, temps de pause et de respiration. Pas de circulation inutile des acteurs, pas de scènes d'amour grotesques entre des comédiens aussi sensuels que des planches à repasser.
Juste du donner à ressentir plutôt que du donner à voir.

Le propos de la pièce n'est pas de se poser la question sur les rapports qui unissaient Sartre et de Beauvoir, sur le sujet tout est clair. Le propos est ailleurs.
Une heure et demie d'un texte présenté… censé retracer une des histoires d'amour d'une femme. Une parenthèse dans la vie d'une femme célèbre, qui tente le pari impossible de se mettre dans la peau d'une femme ordinaire.

Le texte parle de cette impossibilité...texte vivant, criant de vérité désespérée. Les questions et les réponses sont données pendant cette heure et demie. Tout spectateur ignorant de la vie de Simone de Beauvoir peut comprendre qui est le personnage. Or l'interprétation approximative de Marie France Pisier le rend incompréhensible et inabordable.

Marie-France Pisier n'est pas une comédienne, tout au plus une actrice de cinéma, formatée à une forme d'expression esthétique des années 70. Ce qui en son temps pouvait passer pour du génie, parce que novateur, devient une erreur de casting trente ans après. Et l’on s’emmerde.

Le jeu, l'actrice ont pris des rides. On n'y croit pas. Pisier non plus d'ailleurs. Elle nous donne à voir un pâle sosie de Simone de Beauvoir sous-tendu par un long monologue monocorde d'un texte privé de son sens premier. L'écriture disparaît au profit de l' image clonée, ridiculement. Et il faudrait en plus s'émerveiller de la ressemblance de Pisier avec de Beauvoir? Mais de qui se moque-t’on? Le théâtre n'est pas une annexe du Musée Grévin. Ses personnages ne sont pas des poupées de cire, qu'il faut dépoussiérer avant de les donner à voir.

A moins, qu'à des fins de rentabilité commerciale, certains directeurs de théâtre, ne songent à régurgiter au public uniquement " de la bouillie de culture" prédigérée et rassurante. La création? au cas présent peu importe...de Beauvoir peut encore faire recette. Publicité mensongère.