Le 23 janvier 2008, le grand couturier italien Valentino Garavani signait sa dernière collection après près d'un demi siècle de création sous sa griffe "Valentino". Une griffe souvent associée au rouge coquelicot, le rouge Valentino, une des trois couleurs, avec le noir et le blanc, qui constituent l'essence de sa palette chromatique.
Quelques uns des modèles 2008, tout en couleurs pastels et en réminiscences viscontiennes, clôturent en douceur la rétrospective qui lui est consacrée au Musée des Arts Décoratifs sous le titre "Valentino - Thèmes et variations", scénographié par Patrick Kimmonth et Antonio Monfreda, à la manière d'un précieux cabinet de curiosités aux lumières tamisées, jouant des reflets des parois des vitrines et du cristal minéral au sol.
La commissaire de l'exposition, Pamela Golbin, conservatrice des collections contemporaines de mode et textile aux Arts Décoratifs, propose un parcours thématique pour explorer les fondamentaux d'un couturier dont le style s'est indéfectiblement inscrit, dès ses débuts, dans l'élégance intemporelle de la haute couture, et qu’il a décliné sans souci, ni des modes, ni des innovations spectaculaires et éphémères.
Valentino crée une mode totalement élitiste non pas tant par la clientèle potentielle à qui elle s'adresse que pour le profil de la femme qui pourra revêtir ses modèles qui impliquent un corps parfait et hiératique et cependant extrêmement vivant.
Une femme totalement ancrée dans le 20ème siècle, avec cette sensualité innée représentative de la dolce vita des années 60, sans doute la dernière véritable époque du glamour, qui consacra internationalement le talent de Valentino et l'émergence de la haute couture transalpine.
Une mode pour des femmes exceptionnelles, hors du commun, dont les heures de la journée sont scandées par des événements dilettantes et des manifestations mondaines, robes d'après midi aériennes, tenues de cocktail pétillantes et robes d'apparat époustouflantes pour des soupers sophistiqués.
Le style Valentino : un vocabulaire essentiellement graphique…
Le modèle Valentino c'est manifestement d'abord un dessin dans lequel ligne et volume épurés se déclinent à l'infini autour du corps sculptural d'une femme racée, non plébéienne.

La palette est simplissime : un fondamental trichromatique, le noir, le blanc, qui font de la femme, dit-il, une calligraphie et le célébrissime rouge coquelicot.
Les modèles les plus épurés, qui sont d'une fluidité absolue, voisinent avec les déferlements de plissés, de volants, de transparences, de plumes, qui forment un écrin magnifique, une parure superbe pour "la" femme.
… et une technique époustouflante
Des épures simplissimes, le tissu semblant s'être spontanément et librement enroulé autour de la silhouette, aux modèles qui célèbrent la surabondance de plis, volants, plumes et broderies, la constante est la perfection technique qui préside à leur réalisation.

Chaque pièce de vêtement témoigne de la richesse du savoir faire de la maison Valentino et des métiers de la couture, du degré d'exigence qui incombe aux "petites mains".
Des petites mains de fées, indissociables du succès du maître, auxquelles cette exposition rend également hommage.
