Jonaz ne semble pas traîner dans les boites de jazz. Il sort un premier disque Pirate Libre, il vient accessoirement du Pas de Calais, mais c’est un détail, avec peu de moyens, une boite à rythme et des textes lancés, slamés. Il fait à la fois rire, réfléchir et danser.
Connaissez-vous "Cé Ki Ka voté Sarko" ? Vu de loin, on dirait du Richard Gotainer. Mais Jonaz cherche davantage à décrire sa vie et ses émotions, dans son quotidien.
Si vous connaissez "Cékika ?", alors vous êtes allé chercher le clip sur le net. Vous avez trouvé que c’était assez irrésistible au point de transmettre l’adresse à tous vos amis. Bien sûr, on se rappelle la vitalité de Zebda (dans "Matabiau") ou de la Ruda Salska ("Trianon"), comme si les chansons dialoguaient entre elles et reprenaient du service à la moindre polémique.
Et Jonaz, comparé à ces groupes, nous paraît bien seul, avec son porte voix. On comprend alors qu’il défende internet et le piratage, qu’il appelle aussi liberté. Liberté de rencontrer d’autres artistes où qu’ils soient, liberté de jouer sa musique et d’être écouté.
Si vous ne connaissez pas encore Jonaz, j’espère vous avoir convaincu d’aller fureter du côté de ses raps naïfs qui dessinent pourtant une réalité sociale : un ciel qui s’obscurcit et menace de virer à l’orage. Et qui sait si nous ne défilerons pas un jour, en reprenant "Cékika ?"…
Pour l’heure, c’est l’été, alors "on va danser, on va danser dans des boites de nuit amiantées", avant bien sûr, d’être fort dépourvu quand…
