La Cellule est le dernier cru de Guillaume Long publié dans la collection KSTR de Casterman (avec une belle couverture en dur !). Guillaume Long, cela ne vous dit peut-être rien, surtout si vous ne lisez jamais de bandes dessinées. Pourtant, c’est à lui que l’on doit la plus grande épopée de la vie étudiante Stéphanoise des années 1990 avec Les Sardines sont cuites et Comme un Poisson dans l’huile.
Notre homme a également usé ses mines de crayon et son imagination au service d’un public nettement plus exigeant : les marmots. Avec Swimming Poule Mouillée et Le Grand Méchant Huit, il revisite les premières trouilles enfantines sans niaiserie.
La production n’est pas astronomique certes mais assez réussie pour donner à l’auteur une place honorable et reconnu dans le petit monde de la BD. C’est vrai qu’il en a du talent, le bougre ; c’est avec une certaine classe qu’il capte les petites facéties du quotidien avec justesse et un humour bien à lui, en mettant en scène des personnages avec des petits cous et des grosses têtes aux bouilles bien sympathiques.
La Cellule marque une nouvelle étape dans le parcours de l’auteur. Tout d’abord, parce que c’est la première fois qu’il travaille avec une scénariste, Fabienne Costes, mais aussi parce qu'il entre de plein pieds dans un genre inexploré par lui jusqu’alors : le fantastique. Et là où le tour de force est réussi, c’est qu’il n’en délaisse pas pour autant sa patte graphique et son art du décalage.
Simon aime Anne, elle ne l’aime plus et décide de le quitter. La Cellule, c’est avant tout le récit d’une déception amoureuse. Seulement, au cours de l’histoire, notre homme ne se contente pas de broyer du noir, il se laisse dévorer jusqu’à la folie par une obsession : récupérer Anne. Pour cela, il est prêt à tout, même à l’impossible. Il met alors ses compétences de biologiste à profit pour réussir une expérience aussi étrange qu’abominable, rendant impossible toute nouvelle rupture...
