Spectacle de l'Ecole nationale suéprieure des arts du cirque de Chalons-en-Champagne, mis en piste et chorégraphié par Fatou Traoré avec avec Mathieu Antajan ; Tatiana-Mosio Bongonga, Elsa Caillat, Jennifer Hugon, Sandrine Juglair, Clémentine Lamouret, Paula Paradiso, Odilon Pindat et Anne Pribat.
A l’inverse du cirque dit "traditionnel" où la fanfare, les clowns, les animaux, l’ambiance sonore et les éclairages font rages, ici calme et volupté sont de rigueur. Très peu de lumière, pas de gros spot aveuglant, juste des filets de lumière très modernes posés de façon verticale autour de la piste où ombres et reflets flattent avec bonheur vos pupilles. Sans oublier cet étrange mobile instable qui monte et qui descend. Une incroyable sensation d’être suspendu entre ciel et terre.
Le spectacle de cette 19ème promotion est mis en piste par Fatou Traoré. Cette fidèle du cirque contemporain nous fait découvrir un tout autre aspect du cirque, agrémenté de danses charnelles et d’acrobaties d’une élégance rare.
Ils sont neuf, sept femmes, deux hommes. La femme dans "La part du loup" prend une place très importante. Elle est plus qu’un symbole. C’est autour d’elle que toutes les sensations circulent de par son importance scénique et corporelle. Pour reprendre la description du spectacle, un texte fort de sens et qui résume merveilleusement bien ce qui se déroule devant nos yeux : "Ces neuf muses, demi-dieux, frères ou sœurs…s’aventurent au cœur des métamorphoses et nous entraînent dans la zone trouble où se cache « la part du loup ce qui résiste à la normalisation, perturbe l’ordre établi… La part singulière et sauvage qui est en nous".
Troublant, fascinant, attirant, la musique choisie tout au long de ce spectacle parfois jazzy, parfois plus "manouche", en fait ressortir le côté sensuel, envoûtant et mystérieux.
La prouesse des étudiants de cette 19ème promotion est d’autant plus flagrante qu’ils doivent mêler bien plus que les arts du cirque. Le cirque contemporain demande une extrême sensibilité loin d’être uniquement corporelle. Tout est question, pour le spectateur, d’arriver à effleurer chaque sensation, émotion que les artistes nous transmettent tout au long de leur spectacle.
Cette représentation commence tout en douceur, sur des rythmes très lents. Plus le temps passe et plus le tout son, apparition, acrobaties montent crescendo. Tout augmente graduellement en intensité. Comme dans un cirque dont nous avons tous un souvenir d’enfance, les performances sont spectaculaires avec pour ce spectacle en particulier une spécificité sur la corde lisse, le mât chinois, et le trapèze ballant. Et tous les artistes hommes et femmes les domptent avec ingéniosité et une extrême grâce.
Bien que l’odeur de barba papa ne soit pas présente au grand dam de nos papilles, tous vos autres sens frétillent et frémissent devant cette création des plus originales.
