Dans Le Seigneur des Anneaux, il était l’acteur qui avait le plus marqué par sa présence, son rôle, touchant le public féminin mais également masculin. On pouvait lui prédire de nombreux rôles après cela. Or, de tous les comédiens de la trilogie de Peter Jackson, il est celui qui fut le plus discret. Peut-être le plus exigent.

A part ses collaborations régulières avec David Cronenberg (History of Violence, Les Promesses de l’Ombre), on se souvient seulement d’un film intitulé Hidalgo, vague aventure désertique peu originale.

Par sa discrétion, sa rareté à l’écran et ses choix relativement élitistes, Viggo Mortensen a conservé son statut d’acteur mystérieux, donc fanstasmé.

Capitaine Alatriste vient de sortir en France, après être resté non exploité pendant quelques années. Un film espagnol, et un  rôle dans lequel, encore une fois, l’acteur s’est totalement immergé.

Viggo Mortensen joue en espagnol et en vient à incarner l’homme espagnol, fier et hautain, comme s’il était hispanique. Rien dans son phrasé, son accent ou son attitude ne vient jamais interférer avec son rôle.

Passé cette performance, rarissime pour un comédien anglo-saxon reste un film bancal, très irrégulier, sans le souffle historique que ce genre de fresque pourrait engendrer. Malgré un sujet universel (l’humanité, la guerre, l’homme dans la guerre), la mise en scène aplatit malheureusement les idées, étale cette fresque au lieu de la dérouler avec ambition. Ni les costumes, ni les multiples décors, ni les situations ne sont mis en valeur.

L’ambiance opaque est assez réussie, il se dégage un vrai réalisme historique et quelques personnages intéressants, mais les nombreuses longueurs et redites étouffent l’attention et font décrocher le public. L’ensemble est mis en image avec trop de recul pour que les émotions puissent passer à travers l’écran jusqu’au spectateur.

Tout était donc là, manquait peut-être seulement le déclic qui fait la différence.