Traversée poétique de Jacques Rebotier, mise en scène de Joachim Serreau, avec Gaëtan Brun-Picard, Nicolas Buchoux, Charles Chemin, Sandrine Monar, Keziah Serreau, Anne-Laure Tondu et Sarah Vermande.

Sur scène, des bobines de films. Elles représentent ici la surmédiatisation de notre société et le flux d’information que nous ingurgitons quotidiennement à travers la télévision.

Le spectateur se retrouve face à la réalité du monde, dominé par le succès, le profit, la réussite et l’argent. Tous ces flux d’informations et d’images créent le désordre dans nos pensées mais aussi dans nos vies. C’est cette déstructuration du monde que Jacques Rebotier a voulu illustrer à travers ses textes, par la poésie, la musique et la danse.

"Je zappais. Toutes les six secondes, avec précision. Happé que j’étais par le meurtre perpétré perpétuel sur le langage, en réel ou en virtuel. Toutes les six secondes, mon pouce droit respirait, apportant ma personnelle contribution d’un montage en déféré direct aléatoire." Les textes, qui jouent sur l’inversion des mots, les néologismes et les onomatopées mettent en avant un vide du langage véhiculé par la pauvreté du discours télévisuel.

Le spectacle critique et ironise autour de la publicité, télé-réalité, fictions, sitcom mais aussi sur les violentes actualités qui affluent sur le petit écran. De la guerre en passant par des publicités pour la lessive ou encore une scène d’amour pathétique entre Brett et Tracy, tout est prétexte au désordre et à déstabiliser le spectateur pour lui faire entendre l’absurdité du monde moderne.

Un spectacle rythmé par un exercice de langage soutenu et retransmis avec énergie par Nicolas Buchoux, Charles Chemin, Gaëtan Brun-Picard, Sandrine Monar, Keziah Serreau, Anne-Laure Tondu et Sarah Vermande, les comédiens de la Compagnie du Point d’Assemblage.

Une satire qui appelle à la réflexion en mélangeant rires et consternations.