Réalisateur Christopher Nolan. USA 2008. Fantastique. Avec Christian Bale, Heath Ledger, Michael Caine.

Sortira le 13 août le nouvel épisode de Batman, intitulé The Dark Knight. Un mois et demi avant cette sortie, essayons d’anticiper en quelques points ce que pourra être ce Chevalier Noir.

Avant toute chose, le titre du film : The Dark Knight (Le Chevalier Noir). De toute la série des Batman, ce sera le premier à ne pas afficher "Batman" dans son titre. Comme si le prochain Spider Man s’intitulait Le crépuscule du masque, sans faire mention de l’homme araignée.

Ce titre est en lien direct avec la BD originelle : on peut y voir un vrai retour au personnage du Chevalier Noir, l’homme chauve souris : quelque chose d’épais, d’étrange. Peut être plus qu’un nouvel épisode numéro X. Le film s’offrirait ainsi la possibilité de s’affranchir de certaines règles, de devenir autre chose qu’un film du super héros. Peut être.

Peut être car une bande annonce ne peut jamais être prise pour argent comptant. Mais les images dévoilées de ce sixième Batman en montrent déjà beaucoup.

Les voix d’Alfred et du Joker annoncent la couleur sans ambiguité : “You’ve changed things forever” (“Vous avez changé les choses pour toujours”); “There’s no turning back” (“Il n’est plus possible de revenir en arrière”).

Dans Batman Begins, on assitait à la re-naissance d’un personnage. Philosophiquement et matériellement, tout repartait à zéro (par rapport aux précédents films).

Ce Chevalier Noir devra donc assumer ce qu’il a fait dans l’épisode précédent, et les conséquences de ses actes, apparement même de sa propre existence. Ce thème est un grand classique de l’univers des superhéros en bandes dessinées, mais à ce jour, n’a jamais été réellement développé sur grand écran de manière dramatique (à l’exception du premier Hulk).

Au delà du nouveau costume, de la nouvelle moto et de l’influence du marketing sur ce de films, The Dark Knight s’annonce donc comme un film dense, noir, et sans doute tragique.

La réalité a rejoint la fiction avec le décès d’Heath Ledger, incarnation de Joker dans ce nouvel opus. Par ce point, ajouté au visage maquillé, à la poésie fantastique du style visuel, on peut rapprocher The dark Knight de The Crow, d’Alex Proyas. On peut souhaiter que la force et les différents niveaux delecture qui étaient présents dans The Crow soient également au rendez vous dans The Dark Knight. Ce serait un bel hommage pérènne à l’acteur.

A la vision des bandes annonces, le réalisateur Christopher Nolan nous proposerait une vision "sale" du  personnage du Joker. L’Epouvantail initiait déjà cette veine de méchants vraiment méchants, complexes, réellement moches et repoussants.

En plus du Joker, le film annonce un second "vilain" : Double Face, qui devrait prendre plus de place dans le septième épisode.

A travers le personnage du politicien (qui deviendra Double Face), on entend dans une bande annonce : "On meurt en héros, ou bien on vit pour se regarder devenir le méchant.". Ceci renforce encore l’idée selon laquelle Batman devrait assumer des choix à la limite de la morale et de la justice. “You can make the choice that no one else will face” (Vous pouvez faire le choix que personne d’autre ne saura assumer.).

Batman meilleur ennemi de lui même : espérons que l’idée sera abordée de manière moins enfantine que dans Spider Man 3.

Les responsabilités d’un héros, son statut borderline (“You crossed the line first” / Vous avez franchi la limite en premier), tout cela est très classique du superhéros habituel issu des grands studios hollywoodiens. Mais ceux qui assument leur facette démoniaque sont rares, et cette idée est toujours compensée par l’humour décalé (HellBoy) ou le cynisme (Iron Man).

Le Joker dit : “See to them, you’re just a freak, like me !” (“De leur point de vue, tu es juste un monstre, tout comme moi!”). The Dark Knight sera-t-il le premier vrai héros grand public "dark" s’assumant comme tel, sans détour ?

Que ce nouveau Batman ne soit pas une suite inutile serait un minimum vu les ambitions affichées, et celles que l’on peut décrypter.

Que The Dark Knight ne soit pas juste une suite sans grand intérêt serait mieux.

Que Batman s’affirme de nouveau comme une franchise intelligente redonnerait du souffle aux films de superhéros qui naviguent aujourd’hui entre de l’à peu près (Les 4 Fantastiques et le surfer d’argent, X-Men 3), ratages (Ghost Rider) et rares réussites (Iron Man).

En bref, le risque de décevoir est grand.