Spectacle conçu, mise en scène :et interprété par Francis Huster d''après l'œuvre de Victor Hugo.
"Waterloo" d'après Victor Hugo. Voilà un bien singulier et décevant spectacle. Un spectacle très particulier dont Francis Huster narre la genèse en préambule qui augure de ce que sera l'heure et demie qui suivra.
Un spectacle qui n'en a que le nom et qui ne vient pas d'une envie du comédien car, dit-il, ayant débuté en 1963, il ne vient pas faire l'acteur car il est "trop vieux pour ça". Etonnante conception du métier que cette limite d'âge alléguée alors même que son co-religionnaire du Conservatoire, Jacques Weber, né la même année et issu de la même promotion, officie régulièrement sur la scène de ce même théâtre, et, qui, en l'occurrence, lui succède sur scène, que nul n'oserait opposer une date de péremption à ses aînés, pour ne citer qu'eux, Jean-Laurent Cochet et Michel Bouquet, et que Molière et Louis Jouvet ont joué jusqu'à leur dernier souffle.
Pas une envie donc mais l'exécution, et le terme est approprié, d'une promesse, vieille de 27 ans, dire un texte, faite à Jean-Louis Barrault qui l'avait injurié, en 1981, quand après avoir quitté la Comédie Française, il était venu jouer dans ce théâtre un one man show en jeans, basket et blouson de cuir. Rien, en revanche, quant au choix de Hugo et de Waterloo.
Francis Huster clôt ces liminaires par une autre sentence : il s'agit d'un spectacle impossible. Impossible sans doute, décevant certainement.
En costume trois pièces de notable de province, Francis Huster, debout, quasiment immobile, se dandinant simplement d'un pied sur l'autre, officie, un texte de secours à la main, dans un décor navrant, deux bouquets de drapeaux, dont l'anachronique drapeau européen même si on veut voir en Hugo un précurseur, et un piano avec en guise de partition un amas de feuille intitulée "Waterlo - Victior Hugo - La symphonie des mots", sur fond sonore ponctuel de musique de fanfare militaire et sous un épouvantable éclairage, réduit à de simples et brutales variations d'intensité.
Le cœur n’y est pas, ce soir-là, pourtant soir de première publique, et on souffre pour lui, avec lui. Waterloo morne plaine. Toutes les promesses doivent-elles être tenues ?
