Le cycle 2007-2008 des Master Classes s'achève en ce lundi ensoleillé. Les rendez-vous, souvent bimensuels, au Théâtre Pépinière-Opéra, avec les cours publics d'interprétation dramatique ont scandé la saison et le public doit se résoudre à une longue pause estivale qui ne saurait entamer son insatiable curiosité.
En attendant la rentrée, vivons le moment présent et Jean-Laurent Cochet arrive sur scène, comme à son habitude, débordant d'énergie, et, ce soir-là, comme il le dit lui-même, "excité" comme une puce".
Et de nous en indiquer les raisons. Une première raison inattendue : la victoire de Rafael Nadal au Tournoi de Roland-Garros dont il loue l'énergie, l'intelligence et la force face à des compétiteurs un peu "compotés". Une autre raison aurait été d'annoncer un but marqué par la France contre la Roumanie dans le championnat d'Europe des nations 2008 mais, hélas, le coup d'envoi de la partie vient à peine d'être donné.
Et puis, plus sûrement, le fait qu'il s'agisse du dernier cours de la saison. Il remercie chaleureusement tous les spectateurs et fidèles qui lui adressent régulièrement des messages. Il cède à la pression, amicale, des spectateurs qui sont toujours friands d'anecdotes et de mots d'esprit, et en livre quelques uns assez croustillants qui n'émanent pas tous de personnalités connues.
Mais les élèves se sont naturellement inscrits nombreux pour passer une scène et le temps est venu de les écouter. S'agissant d'une soirée un peu particulière, il n'y aura l'exercice des fables de La Fontaine. Nous passons immédiatement dans le vif du sujet même si la première scène auditionnée, une scène de "Le jeu de l'amour et du hasard" de Marivaux donne lieu à un travail de cadrage.
Suivront "La double inconstance" de Marivaux, "Georges Dandin" et "L'école des femmes" de Molière, au sujet duquel Jean-Laurent cochet rappelle qu'il est désormais avéré qu'une grande partie de son oeuvre est de la plume de Corneille, et une scène du choeur de "Antigone" de Jean Anouilh.
Le choix des élèves s'est porté sur des textes graves comme "La ballade de Florentin Prunier" de Georges Duhamel, un texte sur la mort écrit par Sacha Guitry à sa sortie de prison, une scène de "Caligula" d'Albert Camus et le texte de la chanson "Comme ils disent" de Charles Aznavour.
La soirée se clôt sur deux moments forts : une scène de la pièce "Un nommé Juda" de Claude-André Puget et Charles Bost, et un très éblouissant exercice poétique, philosophique et humaniste à partir d'un texte de chevet, et souvent cité, pour Jean-Laurent Cochet, "Palmes" de Paul Valéry qui aborde deux thématiques qui lui sont essentielles, la foi et l'humanisme.
Jean-Baptiste, l'officiant inspiré, termine avec un extrait de "Le mythe de Sisyphe" d'Albert Camus et ces mots : "La lutte, elle-même, vers les sommets suffit à remplir le coeur d'un homme. Il faut s'imaginer Sisyphe heureux.". Que dire après cela ? Le remercier comme le fit Jean-Laurent Cochet, en précisant qu'il n'avait jamais rencontré un individu comme lui durant tout son enseignement théâtral.
