A quoi reconnaît-on un groupe de rock Belge ? A son chant en anglais assurément mais aussi à son esprit décalé et à un sens mélodique convaincu. En effet, nos voisins ont ce talent incontestable qui leur permet, totalement décomplexés, de s’élever dans l’atmosphère rock et de chatouiller, parfois même, le gros orteil des groupes anglais.
The bitter lessons of Attica, second opus d’ Attica présente ainsi un rock forcément dans la langue de Shakespeare, mélange d’influences anglo-saxonnes de bon aloi. De quoi nous attirer l’oreille.
Encore un groupe belge, me direz-vous ! Eh bien oui, rendons à César ce qui est à César et au Manneken-Pis l’insouciance de faire du rock en anglais. Avec un nom tiré d’une prison de l’état de New-York rendue célèbre pour des émeutes raciales dans les seventies, Attica propose un rock non pas pénitentiaire mais plutôt mélodique.
Et aux manettes on retrouve Pierre Vervloesem (Deus) gageur d’un son assumé et pour le coup très propret. Le rock belge étant aujourd'hui une marque déposée, le quintet Bruxellois s’ajoute à la liste maintenant conséquente de groupes ayant creusé puis suivi cette voie: Deus, Venus, Zita Swoon ou Girl in Hawaï pour ne citer qu’eux.
Deuxième album après You are in danger sorti en 2004, The bitter lessons of Attica est, en onze titres, un kaléidoscope des influences notamment pop-rock-jazziques du groupe. Cependant trop d’influences, fussent-elles excellentes, ne tue t’il pas la personnalité ? En effet, une impression de fourre-tout apparaît rapidement avec des références qui partent un peu dans tous les sens. Néanmoins les morceaux sont intrinsèquement bons et s’écoutent facilement … mais rien malheureusement d’inoubliable.
Pourtant tout y est. Des ambiances langoureuses ("Here I stand" , "Bitter Love"), hispaniques ("Mascarade"), et du rock énergique et décalé pour consolider et faire tenir le tout. Mais à l’écoute du disque, on est rapidement tenté de participer au jeu des références, ce qui n’est jamais très bon signe. "Borderline Dream" (pour ne citer que lui) a un arrière gout guitaristique d’un Jeff Buckley et on croise logiquement du Muse au détour d’un gimmick.
Restent de bons moments qui parcourent l’ensemble, tels le piano à deux doigts de "High Life disguise" qui emballe le morceau dans une fièvre presque disco, ou "Stop the time" et "Cry for the moon" aux refrains mélodiques faits pour passer à la radio.
Tout cela sans oublier évidemment la voix assurée d’Amaury Massion, qui soutient bien l’ensemble et fournit de jolies envolées lyriques.
Comme le dit le célèbre adage, le plat pays engendre des groupes rock gonflés qui forcément chantent en anglais. Ainsi "The bitter lessons of Attica" est joliment fait et ne fait pas mentir cette vérité, maintes fois vérifiée.
Du talent incontestablement et des mélodies qui caressent l’oreille mais sans cependant s’y attarder plus que de raison. Un côté décalé et insouciant qui plait inévitablement, un disque certes fourre-tout mais finalement, fortement plaisant.
