L'évocation de l'art italien est souvent cantonnée entre classicisme et modernité avec les trois pôles que sont l'Antiquité, le Quatrocentto et le Futurisme.
Les autres périodes, à l'exception des "veduti" du 18ème siècle, avec notamment Canaletto et Guardi, demeurent résolument à l'ombre, ombre que la Scuderie del Qurinale propose de dissiper avec "Ottocento - Da Canova al Quarto Stato".
Cette exposition consacrée au 19ème siècle embrasse la peinture et la sculpture italienne dans un siècle troublé, celui du Risorgimento et de l'accession à l'indépendance nationale, .
Les commissaires Maria Vittoria Marini Clarelli, Fernando Mazzocca et Carlo Sisi présentent une belle sélection d'oeuvres dans une scénographie très attractive, tonique et dynamique, avec sa double tonalité chromatique et une judicieuse articulation du dialogue statuaire-peinture et un parcours didactique aux cartels pragmatiques et éclairants.
L'exposition commence par une confrontation artistique entre "I Pugilatori" de Antonio Canova et le "Quarto Stato"de Giuseppe Pellizza da Volpedo qui scande les deux extrémités du voyage initiatique au sein d'un siècle méconnu sur la trace des peintres et des sculpteurs qui, partant du néoclassicisme napoléonien, traversèrent le romantisme, le naturalisme et le symbolisme avant de connaître le divisionnisme et une novation spectaculaire avec le futurisme.
Dans la tradition classique...
En sculpture, Antonio Canova, qui immortalisa la beauté marmoréenne, reste la figure de proue du néo-classicisme.
L'ombre de ce dernier pèsera de manière durable sur le siècle et des générations de sculpteurs comme Pietro Tenerani ("Psyché abandonnée"), Giovanni Duprè et Pietro Magni ("Bacchus").
En peinture, la célébration de l'héroïsme et des vertus antiques perdure avec pour représentant Andrea Appiani et ses portraits officiels et ses fresques allégoriques.
La rupture avec l'Antiquité prend la forme d'une transition douc.
Les ruines antiques cèdent le pas aux paysages naturels et aux scènes de la vie quotidienne et la peinture de portrait s'éloigne des figures légendaires pour se rapprocher des portraits privés (Pelagio Palagi).
Le nu antique et la peinture d'histoire perdurent avec ses références bibliques, mythologiques ou littéraires chez Francesco Hayez et Il Piccio.
... un changement d'état d'âme plus qu'une révolution picturale...
Dans la seconde moitié du siècle, la sculpture néo-classique verra ses thématiques évoluer vers des sujets plus contemporains tels "La prière du matin" de Vincenzo Vela ou "La lectrice" de Silvestro Lega.
Les grands courants artistiques européens ont leurs représentants en Italie comme le romantisme qui privéligie la représentation de la mélancolie et les tourments de l'âme et des paysages avec Giuseppe Molteni, Eliseo Sala, Giuseppe Canella et Giuseppe Pietro Bagetti ou le naturalisme avec Francesco Lojacono et Antonino Leto.
... avant l'émergence de la peinture sociale et politique...
Sous la pression des événements, la peinture d'histoire donne naissance à la peinture politique qui célèbre l'unité nationale avec, entre autres, Gerolamo Induno, Telemaco Signorini, Giovanni Fattori et Michele Cammarano
La peinture sociale a également ses chantres avec Silvestro Lega, Giovanni Fattori, Angelo Morbelli et Giuseppe De Nittis.
...et de l'avant garde
Comme le siècle avance, fleurissent de nouvelles écoles picturales qui annonce la rupture de l'art moderne avec l'académisme parmi lesquelles le symbolisme comme moyen d'interprétation de la réalité et de l'instrospection (Emilio Longoni, Giovanni Segantini), le lyrisme (Antonio Fontanes, Aristide Sartorio), l'impressionnisme (De Nittis, Federico Zandomeneghi) et le divisionnisme (Giovanni Segantini).
