Comédie de Molière, mise en scène d'Arnaud Denis avec Jean-Pierre Leroux, Arnaud Denis, Bernard Métraux, Géraldine Azouélos, Alexandre Guansé, Jonathan Bizet, Stéphane Peyran, Sébastien Tonnet et Elisabeth Ventura (ou Eloise Lauria).

Le jeune et talentueux Arnaud Denis s’était attaqué avec succès à cette pièce fameuse de Molière l’année dernière au Lucernaire. Le succès public et critique de sa création amène la troupe à reprendre du service au Petit Montparnasse pour notre plus grand plaisir.

Il n’est besoin que de quelques minutes pour se plonger avec délectation dans cette farce fabuleuse menée par un valet coquin et inventif en diable, pleins de ressources et de malice pour venir servir l’intérêt des jeunes Octave (Alexandre Guanse) et Léandre (Jonathan Bizet), épris, pour l’un d’une jeune femme de naissance inconnue : Hyacinthe, pour l’autre d’une Egyptienne : Zerbinette.

Terrorisés par les réaction de leur géniteur respectif (Géronte : Jean-Pierre Leroux et Argante : Bernard Metraux), qui nourrissent pour leur rejeton des projets de mariage bien arrêtés, les deux amoureux malheureux ne voient qu’une solution : faire appel à la fourberie reconnue de Scapin.

Ce dernier va devoir affronter subtilement l’avarice forcenée des pères de ces derniers et faire preuve de toute l’ingéniosité du monde pour leur soutirer quelques argents afin de mener à bien les missions qui lui sont confiées.

Les trépidations vont bon train ; on retiendra en particulier la fameuse scène du sac et l’hilarante réplique ("Mais que diable allait-il faire dans cette galère ?!") répétée à qui mieux mieux par un Géronte (excellent Jean-Pierre Leroux), tiraillé entre devoir paternel et amour immodéré pour l’argent- dans cette intrigue rocambolesque menée tambour battant par des comédiens emportés et frénétiques.

Arnaud Denis se montre un acteur (Scapin) tout autant qu’un metteur en scène inspiré : jeune, fougueux et téméraire, il gambade allégrement d’intrigues en mises en scène alambiquées et ne nous laisse pas reprendre notre souffle. Les comédiens qui l’entourent sont tout aussi judicieusement choisis : des jeunes femmes, objets d’amour de ces messieurs : Zerbinette et Hyacinthe (piquantes Géraldine Azouelos et en alternance Elisabeth Ventura ou Eloïse Lauria) au valet un peu pleutre Sylvestre (Stéphane Peyran).

Les costumes sont parfaits, le dynamisme de l’ensemble incontestable : une heure et demie de véritable délice…