Réalisé par Gianni Zanasi. Italie. 2008. Avec : Valerio Mastandrea, Caterina Murino, Anita Caprioli.

Stefano est guitariste de 35 ans dans un groupe de punk-rock à Rome. Un soir en rentrant chez lui, il trouve sa compagne dans les bras d’un autre guitariste de sa connaissance. Afin de se ressourcer, il part dans la maison de province où il a grandi avec son frère et sa sœur.

Pensant trouver la paix, il va être témoin des problèmes de chacun. Son père, ancien grand businessman mis à la retraite anticipée noie son ennui dans le golf, quant à sa mère, elle, essaie de chasser la dépression en faisant des séances de chamanisme. Restent son frère, en plein divorce et assumant plus ou moins bien la faillite de son usine, enfin sa jeune sœur a abandonné les études pour s’occuper de dauphins….

Le cinéma italien revient doucement, ceci avec cette comédie de Gianni Zanasi. Le dernier film de Nanni Moretti : Le Caïman, est le dernier en mire… Pourtant, c’est une grande nation du septième art. Aussi bien au niveau du cinéma d’auteur (toute la vague néo-réaliste, Roberto Rossellini, Frederico Fellini, les comédies comme Affreux, Sales et Méchants de Ettore Scola), que du cinéma de genre (péplums, westerns spaghetti (Sergio Leone), films d’horreur (Lucio Fulci), les "Giallos" (Dario Argento, Mario Bava). Bref, on pourrait parler des heures du cinéma italien.

Seulement, ces derniers temps, on n’a pas vu de films dignes de ce nom. On aurait pu penser que la présence de Berlusconi au pouvoir allait engendrer une vague de films politiques de qualité, il n’y en a eu que deux sortis sur les écrans français : Viva Zapatera de Sabina Guzzanti, et le génial Caïman de Nanni Moretti. C’est peu. Zanassi propose une comédie douce-amère, en forme de film choral. Les personnages sont tous savoureux et campés par des acteurs épatants, en particulier Valerio Mastandrea qui joue Stefano.

Dès les premières minutes du film, le ton est posé : en plein concert, le chanteur du groupe se jette dans la foule pour finir écrasé au sol : personne ne l’a porté. Peu importe, même blessé, il rit, comprenant tout le comique de la situation. Le désenchantement, point commun de tous les personnages devient drôle et poétique. Par exemple, un des amis de Stefano, dépressif au dernier stade se suicide la nuit en s’emmêlant dans les fils d’une centrale électrique, provoquant l’extinction de toutes les lumières de la ville. L’épicier du coin a fait installer une machine qui indique à quelle vitesse passent les véhicules devant chez lui, ceci en vue de les dénoncer s’ils vont trop vite. Stefano remarquera les trois kilomètres heure indiqués lorsqu’une mamie passera devant, et en profitera pour créer des jeux avec ses neveux et nièces…

Chaque situation dramatique est suivie d’un rebondissement plein de fraîcheur. Petite ombre au tableau : Zanasi a trop de tendresse pour ses personnages, ceci a pour conséquence un manque de mordant. On sent qu’il suffirait d’un peu plus de méchanceté et d’exagération pour faire un film proche de l’esprit de Scola. Malgré tout, ceci n’est pas suffisant pour ternir ce film, car à coup sûr, vous rirez des situations épineuses, pour ne pas dire catastrophiques dans lesquelles se débattent les protagonistes de cette comédie burlesque.