Le bal des Donkelaw : quand la danse contemporaine rencontre la culture africaine

Le bal des Donkelaw a investi vendredi, pour sa troisième édition, le campement éco-touristique Kangaba.

L’événement, à l’initiative du Centre Culture Français et du campement, a mobilisé des jeunes danseurs contemporains du Mali, "une performance dans ce site", explique Jean-Luc Baillet, le président du CCF.

À la tombée de la nuit, le bal s’est ouvert par la projection d’un court-métrage, "Flesh", un scénario catastrophe de la fin du monde, réalisé par Edouard Salier. Pendant dix minutes, un à un, les buildings de New York s’effondrent, pulvérisés par des avions détournés. Les immeubles représentent des corps humains alors transpercés. Seule la Statue de la Liberté sort indemne de cette hypothétique catastrophe. Un court-métrage entièrement réalisé en images de synthèses sur une musique électro de Doctor L. Un Nostradamus des temps modernes.

"Nous vous proposons maintenant un parcours d’une heure", interrompt Kettly Noël, la chorégraphe. Ainsi, trois tableaux se sont présentés au public, dans différents lieux du site.

À l’entrée, une dizaine de danseurs ont effectué une chorégraphie mêlant danse contemporaine puis rythmes africains endiablés. Les artistes étaient en couple pour la première partie et la chorégraphie axée sur l’expression du visage, des mains et du corps, tout en finesse et délicatesse.



Après cet instant de douceur, le calme est rompu par le son du djembé. La danse africaine entre en scène.

Un peu plus loin, sur une table en bois, un jeune garçon tout de blanc vêtu, se livre à un étrange numéro sur de l’opéra allemand, un genre d’automate tremblant.

C’est une impression d’instabilité et de mal être qui se dégage de cette création. Une scène touchante qui laisse le spectateur en suspend et soulève de nombreuses interrogations.

Pour le deuxième tableau, le groupe est divisé en deux. Le premier se dirige vers une tente Touareg. Sur un air de flûte, les convives sont invités à s’asseoir pour prendre le thé. Face à eux, les hommes et les femmes se livrent à une danse traditionnelle Touareg. Toute la magie du désert est dévoilée.

Le public est amené ensuite à rejoindre la piscine. Dans cet endroit, presque paradisiaque, au pied d’une colline, une cabane sur pilotis était érigée.

Dans ce décor, à l’image d’une peinture en grandeur nature, un homme et une jeune femme étaient allongés sur un sofa. Non loin, un homme, assis sur une chaise, se met à chanter.

 

Sur son timbre envoûtant, la danseuse à la longue chevelure blonde, se lève et entame une danse sensuelle avant d’être rejoint par son partenaire. L’air triste, elle semble vouloir échapper à son amant qui finit par la rattraper. Une histoire d’amour difficile.

Les groupes se reforment et le public est invité à suivre le chemin bleu qui mène à la colline du Baobab, pour assister à la clôture du spectacle.

Les danseurs, dispersés dans les fourrés, presque nus et le corps peint de blanc, déambulent sur un chant à capella. Une chorégraphie contemporaine sur de la musique africaine pour un métissage féerique.