Le 4 avril a eu lieu la quatrième édition des Qwartz Awards. Une fois par an, c’est en quelque sorte la grand-messe des acteurs de la musique électronique : les musiciens, les labels, les centres de recherches, les lieux de spectacle et les partenaires qui ont à cœur de promouvoir cette musique du vingtième siècle.
Le Cirque d’Hiver était à nouveau la scène féerique qui accueillit l’évènement. La soirée se partagea en deux temps : la première partie fut la remise des récompenses : objet en forme de tube à essai avec des petits cristaux luminescents à l’intérieur (symbole on ne peut plus phallique !), la seconde fait place au salon, avec les stands installés dans les dépendances du cirque.
Evènement institutionnel : ceux qui venaient pour danser ont été déçus. Difficile exercice, en effet, de remettre des prix. Comme il se doit, des illustrations musicales et visuelles suivaient le nom des nominés, comme une série d’échantillons.
Et des prix exceptionnels, sorte de trophée d’honneur ont été décernés à Blixa Bargeld, Max Mathews, Jean-Claude Richet et Beatrix Ferreyra. Ce qui prouve le caractère international et universel de la manifestation.
Les prestations de Marie Möor & Laurent Chambert, de The Others Colors (feat Jacques Berrocla), Phil Von (Magnet) & Diane Vaicle (Materia Primal), puis Solange la Frange ponctuaient la soirée. Décontractions et expertises voisinaient dans le plus grand respect.
L’objectif des Qwartz est de maintenir le lien entre les générations, de montrer l’histoire de la musique électronique, sa légitimité actuelle, rappeler sa genèse dans les labos de recherche jusqu’à l’appropriation des artistes les plus divers sur des équipements privés.
Tous semblaient faire front sur ce qui menace la création : la suppression de la taxe sur les supports vierges qui permettent la copie privée ; cette taxe sert aujourd’hui à financer 5000 artistes et des projets qui, sans elle, ne verraient pas le jour.
Ceux qui n’ont pas eu la patience d’attendre la fin de la cérémonie regretteront d’avoir manqué l’énergie et la rage de Solange La Frange, qui clôtura la première partie avec toute une virulence, symbole d’un monde artistique peut-être en danger.
Si quelqu’un en doutait encore, la musique électronique n’est pas le produit d’ordinateurs froids : des hommes et des femmes leur soufflent leur chaleur et leur apportent le supplément d’âme magique.
Cette année, ont été récompensés et je reprends la liste (rien de mieux n’est-ce pas, pour acquérir un maximum de références et envisager, mieux armé, la prochaine cérémonie, que d’aller, de façon ordonnée, découvrir la musique de chacun des lauréats 2008) :
- dans la catégorie Qwartz Album : Timeline d’Edith Progue sur Mille Plateaux,
- Qwartz Découverte /recherche : Suspense de Laurent Chambert,
- Qwartz Découverte : The Arrogance of Simplicity de The Penelope(s) sur Citizen Records,
- Qwartz Artiste: LR&RadioMentale,
- Qwartz Artwork&Packaging: Jon Wozencroft pour l’album "4 rooms" de Jacob Kirkegaard chez Touch,
- Qwartz Titre: Micro Audio Waves in odd size baggage de Long tongue, chez Magic Music,
- Qwartz Dance Floor : Teenage Bad Girl in Cocotte de Cocotte, chez Citizen Records,
- Qwartz Compilation : 50 Años(1956-2006) de musica electroacoustica en Chile Consejo Nacional de la Cultura y las Artes / Pueblo Nuevo/ 3CDS,
- Qwartz Label : Citizen Records,
- Qwartz Hybride : Naphtaline de Ez3kiel, Jarring Effects,
- Qwartz Evènement : les Nuits électroniques de l’Ososphère à Strasbourg.
Et si vous êtes plus curieux, passez faire une petite visite sur le site de Qwartz.
Nous souhaitons qu’il y ait une cinquième édition aussi riche, qui valorise encore l’invention et l’investissement de chacun, pour que le public bénéficie toujours de ce large éventail d’univers musicaux.
