Monologue dramatique écrit et interprété par Philippe Nicaud dans une mise en scène de Damiane Goudet.

Un homme dessine et puis s'adresse au public. Il revient d'un enterrement qui l'a amené à revenir avec son épouse vers sa province d'origine. Une épouse en dérive après un licenciement. Prise à témoin, dialogue ou soliloques ?

Il évoque des sujets intemporels comme l'amour, le travail, la solitude, le couple, le temps qui passe. Le ton est grave, le personnage calme, l'histoire ordinaire. Et pourtant très vite un doute sinon un malaise s'installe quant au propos. Relève-t-il de l'interprétation, de la confession, de la divagation et où va-t-il mener l'officiant ?

Philippe Nicaud, comédien au jeu tout en finesse, sur le fil du rasoir, interprète un texte fort, de belle facture, dont il est l'auteur, qui explore la part sombre de l'âme et porte toutes les fêlures d'un homme souffrant, au regard absent, à l'esprit égaré, à la parole emmurée, au corps puissant et pourtant si fragile, dont il donne une très troublante incarnation.

La mise en scène de "M ou les blessures silencieuses", faite de touches impressionnistes, est assurée par Damiane Goudet, comédienne et metteur en scène, pour qui le drame existentiel et l'humain constituent les terrains privilégiés du théâtre.

Elle a déjà travaillé avec Philippe Nicaud qu'elle vient de diriger dans le rôle titre de "Macbeth" de Shakespeare, programmé dans le cycle Shakespeare du Théâtre du Nord-Ouest, Macbeth lui aussi personnage éperdu d'amour qui sombre dans le meurtre et la folie.