On avait laissé nos prometteurs petits lapins il y a à peine quelques mois avec un mini album brouillon mais assez excitant (Sing the greys) pour se promettre de garder un œil sur leur terrier afin de voir à quelle sauce ils allaient être mangés.
Eh bien point de civet, je vous rassure, de ces lapins pas si effrayés que cela qui défendent leur réputation populaire puisqu'il semble que leurs albums se reproduisent à la vitesse de la lumière, Sing the greys étant sorti il y a à peine 3 mois (en fait, il est sorti il y a longtemps "ailleurs" mais il y a peu en France, ceci expliquant cela).
En tout cas, The midnight organ fight est (déjà) un sacré tournant dans la jeune carrière des Frightened Rabbit.
Beaucoup plus abouti et mieux produit aussi que le tout récent Sing the greys, cet album est un plaisir du début à la fin. Finis les brouillons, sur ce disque tout est propre et joliment produit. C'est bien simple, parfois on croirait du U2.
Dès l'introduction de "The Modern leper", on sait qu'on passera un bon moment. Entre pop électrique et rock acoustique, les chansons des Frightened Rabbit sont presque toutes taillées pour finir en single (et du coup peut-être, s'éloigner encore un peu du concept de l'album en donnant la priorité à la consommation - quel affreux mot - à l'unité de la musique, mais c'est une autre histoire) et il est bien difficile de ne pas engloutir ce disque comme une sorte de friandise sonore, juste pour le plaisir, pas pour la faim.
Et des friandises, il y en a de toutes les couleurs, mais même le faussement folk "Poke" avec ses chœurs un peu maniérés et ces doigts qui font trop grincer les cordes de guitares n'arrive pas à provoquer l'écoeurement.
Les morceaux rapides et entrainants jouent à cache cache avec des titres de prime abord plus classiques mais qui, à chaque fois, recèlent des petites surprises comme la montée en puissance du planant et bien nommé "Floating in the forth" (dimension sans doute) ou le dernier titre ultra court ("Who'd you kill now ?") qui ferme l'album comme on ferme un livre, tout en douceur avec la satisfaction d'être arrivé au bout d'un joli voyage. Dernier titre qui offre d'ailleurs le plus saisissant contraste avec leur album précédent qui se terminait par un live sauvage du titre "The greys".
Espérons maintenant que ces lapins devenus bien vite matures ne se fassent pas plomber trop vite !
